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Loi immigration: François Hollande juge qu'Emmanuel Macron a pris les "idées" de l'extrême droite

L'ancien président de la République François Hollande juge que si Emmanuel Macron et son gouvernement "n'ont pas pris les voix" de l'extrême droite, "ils ont pris ses idées" sur la loi immigration, dans un entretien publié mercredi par Le Monde.

Après le vote de la loi controversée sur l'immigration mardi soir, le Rassemblement national, "après avoir poussé pendant des décennies le concept de préférence nationale, a incontestablement, ici, remporté la mise", note l'ancien chef de l'Etat socialiste.

"Une défaite pour la République"

"Je veux bien acter que le président Macron et le gouvernement n'ont pas pris les voix du Front national (FN, devenu RN). Mais ils ont pris ses idées", constate-t-il. L'exécutif se targue d'avoir réussi à faire voter le texte sans les votes du RN à l'Assemblée nationale. Ce que conteste l'opposition de gauche et le RN lui-même.

Mais pour François Hollande, le vote du projet de loi "est une défaite pour la République. Quand un texte est voté avec des mesures contraires à la Constitution, il ne peut pas être regardé comme un progrès".

Et la volonté affichée du gouvernement de recourir au Conseil constitutionnel pour modifier le texte "confine au cynisme", juge-t-il encore.

"Il aura comme conséquence de légitimer la demande de révision de la Constitution par LR et le RN. En avouant cette manoeuvre, que dit le gouvernement? Que ce qui est recherché, ce n'est pas l'efficacité. C'est d'envoyer des symboles". L'ex-président remarque aussi que "ce texte a heurté, il a blessé".

S'il considère que "face à des peurs réelles, face à des actes de violence qui peuvent aller jusqu'à des crimes odieux, la fermeté est nécessaire", il précise: "La fermeté ne va pas jusqu'à remettre en cause ce qui nous tient, c'est-à-dire les valeurs de la République".

Pour lui, "Emmanuel Macron a des convictions successives. Ses positions, qui évoluent au cours du temps, selon les interlocuteurs, les circonstances, les rapports de force, privent le pays d'une direction, d'une cohérence, d'une solidité".

"Venu du centre gauche, Emmanuel Macron est désormais condamné à finir avec la droite, y compris la plus dure", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com