L'Europe lance sa nouvelle génération de satellites météo

Thales Alenia Space/AFP - Handout

Douze ans de préparation et plusieurs milliards d'euros pour grappiller quelques précieuses heures dans la prévision des phénomènes météorologiques violents : l'Europe s'apprête à lancer le premier de ses satellites météo de nouvelle génération.

Empaqueté d'un film isolant noir émaillé de surfaces miroitées pour renvoyer la chaleur du soleil, la bête de 3,8 tonnes trône dans la salle blanche de Thales Alenia Space à Cannes avant de prendre le bateau pour Kourou, d'où il doit être lancé d'ici à la fin de l'année 2022.

Une fois en orbite à 36.000 kilomètres d'altitude, MTG-I1, pour Meteosat troisième génération-imageur, effectuera un scan de la planète toutes les 10 minutes avec une précision allant jusqu'à 500 mètres, moitié moins que la précédente génération lancée à partir du début des années 2000. Il doit être suivi d'ici à 2025 d'un jumeau (MTG-I2), qui lui se concentrera sur l'Europe à raison d'un scan toutes les deux minutes trente, et d'un satellite muni d'une sonde (MTG-S) qui analysera la composition de l'atmosphère sur toute sa hauteur. Trois autres satellites semblables, déjà en cours de construction, doivent leur succéder à la fin de leur durée de vie, d'au moins huit ans et demi.

Au total, ce programme lancé en 2010 représente un budget de 4,3 milliards d'euros, répartis entre l'ESA et Eumetsat, l'organisme chargé d'exploiter ces satellites pendant 20 ans. Un investissement massif justifié par le fait qu'aucun bulletin météo n'est aujourd'hui possible sans ces sentinelles de l'espace. "Plus de 95% des 40 millions d'observations faites chaque jour pour les prévisions météo proviennent des satellites", rappelle Simonetta Cheli, directrice des programmes d'observation de la Terre à l'Agence spatiale européenne (ESA). Et "avec la croissance exponentielle des événements météo extrêmes", rappelle-t-elle, les images doivent être de plus en plus précises et fréquentes. L'enjeu : détecter l'évolution rapide des phénomènes convectifs, ces mouvements de l'atmosphère à l'origine des orages et tempêtes.

Les orages accompagnés de rafales à plus de 200 km/h qui ont frappé la Corse le 18 août, faisant cinq morts, proviennent d'une accumulation rapide de vapeur d'eau dans l'atmosphère sur une surface très loca[...]

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