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"L’arme tremblait contre mon crâne": au procès, l'émotion de la caissière sauvée par Arnaud Beltrame

Après le témoignage d'un survivant, ce vendredi 26 janvier, c'est Julie, l'hôtesse de caisse du Super U de Trèbes qui s'est avancé à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris cet après-midi. Le 23 mars 2018, cette femme, âgée de 39 ans à l'époque, avait été prise en otage par l'assaillant des attentats de Trèbes et Carcassonne, Radouane Lakdim.

Après avoir grièvement blessé Renato Gomes De Sousa, 31 ans, et tué Jean Mazières, 61 ans, sur un parking de Carcassonne, Radouane Lakdim s'était rendu au Super U de Trèbes, où il avait tiré une balle dans la tête à deux hommes, le chef-boucher de 50 ans du magasin et un client, un maçon à la retraite de 65 ans.

Le terroriste de 25 ans avait ensuite pris Julie en otage, cachée dans le local derrière le stand d'accueil. Il lui ordonne d'appeler la gendarmerie. "J’ai respiré un grand coup pour ne pas énerver quelqu'un qui avait déjà l’air très nerveux", a-t-elle expliqué à la barre.

"Moi, je suis là pour mourir aujourd’hui"

La quarantenaire pense d'abord que le terroriste a tiré à blanc. Mais elle comprend rapidement que Radouane Lakdim a tué quatre personnes et que les balles sont réelles.

L'assaillant lui explique qu'il est content de lui, qu'il a tué assez de gens et qu'il veut désormais mourir en martyr, en faisant le plus victimes possibles chez les forces de l'ordre. "Moi, je suis là pour mourir aujourd’hui", explique le terroriste à Julie. "Moi je ne suis pas prête à ça aujourd’hui", lui répond l'hôtesse.

Radouane Lakdim entame la conversation, il lui demande son âge, si elle est mariée et si elle a des enfants. À ce moment-là, le terroriste ne la met pas en joue. Julie essaie de s'écarter de lui, au cas où il y aurait des snipers. "Je regardais trop la TV", ajoute-t-elle à la barre.

"L’arme tremblait contre mon crâne"

Au moment où Radouane Lakdim aperçoit des gendarmes, il se glisse derrière Julie et colle le canon de son arme derrière son oreille. "Qu’est-ce que tu veux?", lui crie un des gendarmes. Les échanges sont tendus, raconte-t-elle à la barre.

"L’arme tremblait contre mon crâne. J’étais tétanisée. Je réfléchissais aux balles qui pouvaient me traverser", détaille Julie.

"Vos gueules, les gars, reculez, je prends!", crie l'un des gendarmes, raconte-t-elle. "Mais chef, vous n’êtes pas équipé!", répond un autre.

Le fonctionnaire s'avance vers eux. "Relâche la petite dame, elle n’y est pour rien, je représente l’État, on va discuter", lance-t-il au terroriste, en faisant glisser son arme au sol vers le terroriste.

"J’ai senti que c’était le moment de partir", poursuit Julie, qui sortira quelques minutes plus tard par l'arrière du supermarché.

L'homme qui est entré dans le local, c'est Arnaud Beltrame. Le lieutenant-colonel de 44 ans décédera quelques heures plus tard à l'hôpital après avoir reçu un coup de couteau de l'assaillant.

Depuis ce lundi, et pendant un mois, sept personnes de l'entourage de Radouane Lakdim - six hommes et une femme - sont jugées pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", pendant un mois. L'assaillant, Radouane Lakdim, lui, avait été tué lors de l'assaut du GIGN dans le supermarché.

Article original publié sur BFMTV.com