L’Allemagne nationalise le géant Uniper, ébranlé par l’arrêt des livraisons de gaz russe

Photo WOLFGANG RATTAY/REUTERS

Dans la presse économique d’outre-Rhin, le mot “nationalisation” fait les gros titres. Compte tenu de la crise énergétique, le gouvernement allemand a décidé de mettre la main sur 98,5 % des parts de l’énergéticien Uniper, après un premier plan d’aide infructueux lancé en juillet.

“Le gouvernement injecte 8 milliards d’euros au capital de l’entreprise en difficulté et fait ainsi passer la participation de l’État à 93 %”, détaille Handelsblatt. Le finlandais Fortum, jusqu’ici actionnaire majoritaire de l’entreprise, “a aussi accepté de céder ses parts à l’État fédéral” pour un montant de 480 millions d’euros. L’État allemand remboursera par ailleurs un prêt de 7,5 milliards d’euros accordé à Uniper par Fortum.

La décision de nationaliser le géant gazier doit permettre de garantir l’approvisionnement énergétique outre-Rhin. Les experts du gouvernement interrogés par le titre considèrent que les “risques encourus par le marché du gaz et tout le secteur de l’énergie et du chauffage” en cas de faillite de l’entreprise sont immenses.

“Sa nationalisation permettra à l’État de prendre d’autres mesures de sauvetage en cas de besoin.”

Difficultés liées au prix du gaz

Premier importateur de gaz d’Allemagne, l’énergéticien est dans la tourmente depuis déjà plusieurs mois, contextualise le journal de Düsseldorf. Mais “avec l’arrêt des livraisons de gaz russe qui passaient par le gazoduc Nord Stream 1”, la situation a empiré. Pour remplir ses obligations envers ses clients, l’entreprise a dû se tourner vers d’autres fournisseurs et “acheter du gaz au prix fort sur le marché mondial”. Le plan d’aide estival de Berlin – qui prévoyait une prise de participation de l’État à hauteur de 30 % – n’aurait pas suffi à combler les besoins de l’entreprise.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Allemagne est intervenue à plusieurs reprises dans le domaine de l’énergie. Le gouvernement d’Olaf Scholz a notamment pris le contrôle temporaire de la filiale allemande de l’entreprise russe Gazprom, puis de celles du géant pétrolier Rosneft.

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