Kiev estime que les combats pour Soledar et Bakhmout sont "les plus sanglants" depuis le début de la guerre

Un habitant pousse son vélo au milieu des débris après des frappes à Bakhmout en Ukraine, le 6 janvier 2023 - Dimitar DILKOFF / AFP
Un habitant pousse son vélo au milieu des débris après des frappes à Bakhmout en Ukraine, le 6 janvier 2023 - Dimitar DILKOFF / AFP

La guerre ne baisse pas en intensité, selon Kiev. Les combats pour le contrôle de Soledar et Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, sont les "plus sanglants" pour les forces russes et ukrainiennes depuis le début de l'invasion russe en février 2022, estime Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne.

"Tout ce qui se passe aujourd'hui en direction de Bakhmout ou de Soledar est le scénario le plus sanglant de cette guerre", a-t-il déclaré à l'AFP lors d'un entretien mercredi après-midi, alors que les forces russes, en particulier le groupe paramilitaire Wagner, tentent de conquérir cette zone du Donbass depuis l'été 2022.

"Beaucoup de sang, beaucoup de duels d'artillerie, beaucoup de combats de contact, surtout à Soledar aujourd'hui" mercredi, a résumé Podoliak, relevant qu'il s'agissait actuellement du "point le plus chaud de la guerre".

Selon lui, les pertes militaires russes sont "énormes" et "l'armée ukrainienne perd également des hommes". "Certainement, c'est plus que ce qu'il y a eu ailleurs avant", a-t-il jugé.

Des militaires russes qui meurent "par milliers", selon Kiev

Le conseiller à la présidence a relevé que les pertes dans la zone Bakhmout-Soledar sont essentiellement militaires, rares étant les civils à encore habiter cette zone, contrairement au siège russe de la grande ville de Marioupol (sud-est de l'Ukraine) dans les premiers mois de 2022, qui a sans doute coûté la vie à des dizaines de milliers de civils ukrainiens, selon des estimations de Kiev.

"Aujourd'hui (c'est le plus sanglant), à l'exclusion du pilonnage constant de Marioupol", a-t-il insisté, mais "si à Marioupol, on avait 90% de morts civils, à Soledar et Bakhmout, ce sont des militaires".

"Nous constatons l'attitude absolument irresponsable, pour ne pas dire plus, de l'élite russe à l'égard de ses militaires, qui meurent là-bas par milliers", a-t-il affirmé. Il n'a pas chiffré les pertes ukrainiennes, mais estimé que les Russes ont perdu "10.000 à 15.000 hommes, peut-être plus", dans cette zone depuis l'été. "Pour nous, il y a des pertes, des pertes significatives, pour eux ces pertes sont tout simplement extraordinaires", a jugé Podoliak.

"Aucun but stratégique" russe

Selon lui, la Russie a lancé dans cette bataille ses meilleures unités de Wagner et de l'armée régulière, alors que même une victoire ne permettrait pas, dit-il, à Moscou de changer le cours de la guerre.

"D'un point de vue stratégique, cela n'a pas beaucoup de sens pour l'armée russe. Parce que fondamentalement, cela ne résoudra pas la question de la prise d'initiative dans cette guerre", a-t-il souligné.

"Il n'y a pas d'objectif stratégique (à Bakhmout et Soledar). Pour nous (les Ukrainiens), c'est une tête de pont possible pour avancer vers Donetsk", capitale de la région ukrainienne éponyme occupée par la Russie, a dit Podoliak. "Mais pour les Russes, il n'y a aucun but stratégique, c'est un espace ouvert, et nos positions sont plus avantageuses".

La Russie est sur la défensive en Ukraine depuis qu'elle a essuyé une série de revers cinglants entre septembre et novembre 2022 dans l'est et le sud du pays. Ces défaites ont forcé le Kremlin à mobiliser des centaines de milliers de réservistes, sans grande expérience, sous-équipés et peu formés, pour consolider ses lignes.

Bakhmout et la petite ville voisine de Soledar sont le seul endroit du front où les forces russes sont encore à l'offensive, sans pour autant parvenir jusqu'ici à conquérir ces localités.

Article original publié sur BFMTV.com