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JO de Paris 2024: comment va se dérouler le choix des porte-drapeaux français

Dans moins de cinq mois, la France et Paris accueilleront les Jeux olympiques (du 26 juillet au 11 août) puis les Jeux paralympiques (du 28 août au 8 septembre) pour un événement exceptionnel. Et parmi les milliers de sportifs attendus lors de la cérémonie d'ouverture sur la Seine, les regards du public français se tourneront nécessairement vers la délégation tricolore et en particulier vers les deux porte-drapeaux. Ce mercredi, le CNOSF et le CPSF, son pendant paralympique, ont annoncé les critères, le calendrier et le processus pour désigner les représentant des athlètes français.

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Comment être éligible pour devenir porte-drapeau?

Dans un message posté mardi sur les réseaux sociaux, Clarisse Agbégnénou a exprimé sa frustration à l'idée de ne pas pouvoir faire acte de candidature. La championne olympique de Tokyo, bien que plébiscitée par le public dans un récent sondage, ne répond pas aux différents critères établis par les instances olympiques françaises. Et pour cause, la judokate a déjà exercé la fonction de porte-drapeau au Japon il y a trois ans. Dans les quatre critères présentés ce mercredi par le CNOSF et le CPSF, il a été acté qu'un athlète ayant déjà été porte-drapeau ne peut pas l'être à nouveau.

Toutefois, et cela exclut notamment les stars Kylian Mbappé et Antoine Dupont, les porte-drapeaux devront avoir déjà participé aux Jeux olympiques pour candidater. Ensuite, si un homme et une femme représenteront la France, ils devront être issus de sports différents. Enfin, et même si les détails sont encore à préciser, les porte-drapeaux de la France devront être irréprochables au niveau de l'éthique. Cela signifie qu'un sportif condamné par la justice sportive (ou potentiellement par la justice tout court) ne pourra pas être candidat.

"Nous avons choisi de manière commune et de manière très majoritaire, il faudra déjà avoir été olympien pour être candidat à être porte-drapeau. Avoir été olympien et non pas champion olympique. Voilà un critère posé", a estimé David Lappartient, le patron du CNOSF, ce mercredi face à la presse. "Deuxièmement, on a aussi eu un début sur le fait qu’il ne faudra pas déjà avoir été porte-drapeau. Nous considérons à cet égard, et cela remonte de la part des athlètes et des présidents de fédérations olympiques, qu'avoir la chance de l'être c'est unique, c’est fabuleux et c'est quelque part associé à une olympiade. On se souvent de telle olympiade avec tel porte-drapeau. On considère qu’il y a une telle richesse dans le sport français que c'est normal d'avoir de nouveaux athlètes qui puissent candidater. Le critère est donc de ne pas avoir déjà été porte-drapeau. Voilà un critère débattu et largement soutenu. Il faut aussi respecter et incarner les valeurs olympiques et paralympiques ainsi que l’éthique sportive. Tous ces critères seront précisés parce que, qu’entend-on par là? D’une manière générale, le but est de respecter les critères et valeurs olympiques."

Et David Lappartient d'ajouter: "Pour donner un exemple, un athlète condamné pour des faits de dopage c’est quand même compliqué qu’il puisse par exemple être porte-drapeau. (...) Les porte-drapeaux (un homme et une femme) ne seront pas issus de la même fédération même s'ils peuvent être un homme et une femme présentés par leur fédération. Les porte-drapeaux devront quand même incarner deux sports différents et ne pourront pas venir du même sport."

Pourquoi le rôle des fédérations est capital?

David Lappartient et Marie-Amélie Le Fur, présidente du CPSF, ont confirmé le rôle majeur des fédérations dans ce processus de désignation des porte-drapeaux en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Et pour cause, afin de représenter au mieux leurs fédérations, les porte-drapeaux seront choisis par les instances nationales.

Une fois qu'un sportif répondra favorablement à tous les critères d'éligibilité, il devra faire acte de candidature auprès de sa fédération et directement auprès du CNOSF. Après avoir fait le point sur les différentes personnes intéressées, toutes les fédérations avec des athlètes représentés aux JO pourront présenter un homme et une femme en tant que candidats. En clair, à l'issue de cette consultation menée au sein de chaque fédération entre le 1er avril et le 31 mai, l'instance pourra déclarer au maximum un homme et une femme pour être porte-drapeau. Impossible par exemple de voir la Fédération française de natation présenter à la fois Florent Manaudou et Léon Marchand.

Le rôle des fédérations est donc primordial dans la désignation des porte-drapeaux de la délégation. Et c'est donc directement auprès des dirigeants de leur discipline que les sportifs intéressés devront le faire savoir et pourront tenter un peu de lobbying pour être choisis comme représentant de leur sport.

Qui votera pour le porte-drapeau?

Une fois les candidats présentés par les différentes fédérations connus, le vote à proprement parler sera effectué. Pour cela, tous les athlètes sélectionnés pour les JO 2024 seront invités à participer au scrutin.

"Le vote se fera par l'intégralité des athlètes sélectionnés", a encore expliqué David Lappartient au moment de présenter le processus tant attendu. "C'est quelque chose de nouveau et de fort. On a souhaité que les porte-drapeaux soient ceux des athlètes."

Si par le passé, les dirigeants du CNOSF ou des représentants de chaque sport votaient, cette fois l'élection se trouvera entre les mains de tous les athlètes olympiques et paralympiques qualifiés à Paris. Un scrutin direct dont les conditions pratiques doivent encore être bouclées par les autorités du sport français.

Un symbole fort salué par Astrid Guyart, co-présidente de la commission des athlètes: "C'est vraiment inédit de laisser les athlètes voter. C'est une élection par ses pairs du porte-drapeau. Qui est mieux placé que les athlètes pour choisir les porte-drapeaux?"

Et la médaillée d'argent du fleuret par équipes de Tokyo de préciser sur le vote: "la règle du jeu est simple, les athlètes avec le plus de voix sont élus. En cas d'égalité parfaite, le plus âgé sera élu porte-drapeau. Deux athlètes d'une même fédération ne pourront pas être porte-drapeaux ensemble."

Article original publié sur RMC Sport