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JO de Paris 2024: les athlètes français découvrent leur tenue olympique

"C'était Noël!" Enzo Lefort s'en souvient comme si c'était hier. Le champion olympique par équipe de Fleuret à Tokyo a ouvert son premier paquetage olympique avant les JO de Londres en 2012.

"J'avais deux énormes valises avec des vêtements de sport, des vêtements civils pour le village olympique. Je voyais ce truc se concrétiser, mes survêtements avec les anneaux olympiques dessus", se remémore l'escrimeur. "C'était une fierté d'avoir la France dans le dos, le drapeau sur la poitrine. Ça vient rendre très réel notre participation aux Jeux olympiques."

Les athlètes français vont découvrir ce mardi leur équipement olympique pour cet été à Paris. Comme en 1924, année des derniers Jeux olympiques organisés en France, c'est Le Coq Sportif qui habillera les athlètes français cet été à Paris. La marque française, propriété du fond Suisse Airesis, a remporté l'appel d'offre en 2019 pour devenir l'équipementier officiel des Jeux olympiques et paralympiques pour les équipes de France. Elle l'avait été de 1912 à 1972. Des tenues dessinées, produites et distribuées par Le Coq Sportif. Un vestiaire pour le village olympique, mais aussi pour recevoir les médailles sur les podiums, pour l'entraînement. Et grande nouveauté avec les tenues de performances, portées pendant les compétitions.

Plus de 370.000 pièces à fournir

"Une immense fierté", mais aussi un défi est de taille pour Le Coq Sportif. L'entreprise créée en 1882 et donc l'usine a été réinstallée dans son berceau de Romilly-sur-Seine dans l'Aube en 2009 a habillé les équipes de France olympiques entre 1912 et 1972, et espère "redevenir la marque française leader de tous les sports" grâce à partenariat.

Et ce n'est pas tout. Le Coq Sportif également partenaire du comité d'organisation fournira des tenues pour les 7.000 personnes employées par Paris 2024 sur les sites ainsi que les 5.000 officiels et arbitres sur les terrains de compétitions et une poignée de VIP. Soit au total plus de 200 000 pièces à fournir. les 35..000 pour les tenues d'entraînement et 30.000 pour la compétition.

Et ce n'est pas tout. Le Coq Sportif également partenaire du comité d'organisation fournira des tenues pour les 7.000 personnes employées par Paris 2024 sur les sites ainsi que les 5.000 officiels et arbitres sur les terrains de compétitions et une poignée de VIP. Soit au total plus de 200.000 pièces à fournir.

Pour réussir le chalenge, Le Coq Sportif s'est appuyé sur son savoir-faire et son site historique de Romilly-sur-Seine qui a été réhabilitée en 2010. Et qui depuis juin dernier bénéficie d'une extension de plus de 3000m². "Il y a plus de 750 emplois indirects dans l'Aube grâce au Coq Sportif", indique Eléonore Quatannens, responsable du partenariat olympique et paralympique du Coq Sportif. La marque a également créé il y a trois ans un CFA (centre de formation des apprentis) pour les métiers du textile."

Avant d'ajouter: "On va livrer à temps, on a validé les dotations, nous sommes dans une phase de production et on sera prêts à livrer les dotations pour le comité d'organisation des le mois de mars. Les athlètes ce sera à partir du mois de mai."

Créé par Stéphane Ashpool, et inspirée par les athlètes

"Elégant et subtil". Enzo Lefort le champion olympique par équipe de fleuret à Tokyo est un fan de mode. Il connait bien et "admire le travail" de celui qui a eu la lourde tâche de concevoir les tenues des athlètes cet été. Il a eu petit aperçu et assure que "ce sera réussi !". Stéphane Ashpool, créateur Parisien a été choisi par Paris 2024.

"Je suis fier quand j'ai reçu le coup de fil. Impression que c'était l'état français qui l'appelait", s'est félicité l'heureux élu. "Il fallait le faire, endosser les responsabilités. Je laisserai parler mes émotions quand ça sera terminé."

"Un grand sportif également né d'une maman danseuse et qui a joué au basket au haut niveau", explique encore Eléonore Quatannens. "Il y avait un cahier des charges à respecter donc il n'a pas été aussi libre qu'il ne l'est avec sa propre marque Pigalle. Ce qu'il voulait c'était écouter les athlètes et s'imprégner de leurs émotions, de ce que représentent ces tenues et de leurs émotions quand ils les portent. Il les a rencontrés en février 2022, les a écoutés et essayé de traduire les idées sur les produits. C'est vraiment une collection inspirée par les athlètes."

Des tenues où le créateur a joué avec les couleurs du drapeau français. "Il a voulu retranscrire la mixité, le mélange des sports, des athlètes des cultures qui représentent la France aujourd'hui. Une mixité qui se retranscrit sur les produits avec un mélange des couleurs du bleu, du blanc et du rouge".

Stéphane Ashpool a également fait le choix de l'écru. L'écru est symbole de pureté et d'élégance... Et qui permet aussi au passage de ne pas utiliser de colorant. "Sur les pièces en molleton pour les tenues du village, la matière n'a pas besoin d'être teinte ou blanchie, elle garde la couleur de la fibre naturelle ce qui dans une démarche environnementale est aussi une opportunité."

Le chemin sinueux vers la victoire dont ont parlé les athlètes au créateur a également été retranscrit sur les tenues olympiques avec des courbes. Une tenue spéciale a été dessinée pour les athlètes qui monteront sur le podium. "Un produit totalement écru, lumineux, signe de pureté. Il s'est inspiré des archives de la marque pour en faire un costume du sport qui donnera la part belle à la médaille, pour que quand l'athlète monte sur le podium on ne voit que la médaille. Une tenue 100% fabriquée en France dans l'usine de Romilly-sur-Seine."

Le défi des produits de compétition

C'est le défi dans le défi. "le gros chalenge de ce partenariat", résume Eléonore Quatannens. Réaliser également les tenues portées par les athlètes pendant la compétition. L'outil de travail avec lequel ils vont devoir aller chercher une médaille olympique. "Une dimension technique pour des tenues de compétitions jamais réalisées jusque-là par la marque." 30.000 pièces très spécifiques pour 63 disciplines à équiper. Une conception réalisée avec l'aide du CNOSF et du CPSF.

"Il faut bien mesurer ce que ça représente, souligne Matthieu Barnay le directeur marketing du CNOSF. C'est 60 disciplines avec grande diversité. Du lifestyle du break aux étiquettes de certains sports. Une diversité générationnelle avec des athlètes de 15 à 50 ans selon les sports. Et des grandes différences de physiques."

"On travaille dessus depuis 2021, révèle Eléonore Quatannens. Chaque fédération a été accueillie à Romilly-sur-Seine avec les équipes produites pour recenser les besoins et comprendre les attentes des athlètes pour qu'ils puissent performer pendant les JO. Nous avons développé plus de soixante matières pour développer ces tenues. Il y a ensuite eu une phase de test avec les athlètes de chaque fédération. Plus de deux cents tests pour avoir un vêtement performant. Avec au final plus de 1.100 modèles à réaliser pour 30.000 pièces à produire. Ce n'est pas le plus gros volume, mais c'est bien là que se situait le plus gros chalenge."

Et le PDG du Coq Sportif, Marc-Henri Beausire de préciser: "C'est quelque chose d'énorme, de phénoménal. Ça représente l'idée du Coq Sportif qui représente la France. Plus le challenge est énorme plus on se surpasse. J'ai vu des équipes qui ont travaillé comme des dingues. C'est un énorme coup de force."

Et un produit phare qui illustre ce défi: Le judogi que porteront les judokas français. "C'est une vraie fierté pour nous. Aujourd'hui tous les judogis sont confectionnés en Asie et notamment au Japon. Et on s'est donné un vrai chalenge sur ça. Nous avons travaillé avec Clarisse Agbegnenou et la fédération française de judo. Il aura une matière française ce qui n'est jamais arrivé. Il a été homologué l'année dernière par la fédération internationale et c'est une vrai fierté"

Et la marque ne se chargera pas de tout non plus. "Certains produits comme les combinaisons de compétition pour les nageurs ne font pas partie des missions qui nous ont été confiées car ce sont des éléments individuels à l'athlètes. Comme les crampons de football. Ces produits ultra techniques ne font pas parti de la dotation car on ne peut pas aller développer avec chaque athlète des maillots. On fera par exemple les maillots pour les compétitions de plongeon. Ca dépend des disciplines, mais sur l'ultra spécifique on n'y est pas allé." Certains sports comme l'escrime, le triathlon, le canoë-kayak et la gymnastique n'ont pas adopté la tenue de compétition proposée par Le Coq Sportif. La marque sous-traitera par exemple aussi la fabrication des bonnets de bains dits "coque" avec un niveau de technicité très avancé.

Un défi quasiment réussi à moins de 200 jours des JO avec 96% des produits entièrement validés. "Il reste environ les finitions de 40 références (sur les 1.100) à terminer mais plus de chalenge en vue des Jeux." Et les doutes sur la capacité de la marque à relever ce défi sont levés. "On est ravis de dire que tout va bien".

Du plus petit athlète paralympique aux 2m25 de Wembanyama

Des athlètes de petite taille aux Jeux paralympiques aux 2m25 de Victor Wembanyama. C'est un peu le grand écart des tailles. "Chaque référence va être déclinée en "tall" pour les athlètes qui mesurent plus de 2m05", détaille Eléonore Quatannens.

Et on se rend compte qu'il n'y a pas que Victor Wembanyama. Il y en a beaucoup en volley, dans le handball aussi. Tout cela est prévu avec des références spécifiques. Il y aura des références spécifiques pour les bas des Jeux paralympiques ou encore pour les personnes de petite taille aux Jeux paralympiques.

Tous les sports en Coq Sportif... Sauf quatre

Quatre fédérations ont conservé leur équipementier pour les produits compétition pendant les JO. Le football et le basket avec Nike, le handball et l'athlétisme avec Adidas. Ces quatre fédérations ont dû verser une contribution financière d'un montant de 400 000 euros à une caisse de solidarité gérée par le CNOSF et qui servira aux fédérations les moins riches pour acheter des équipements supplémentaires.

Mais celà concerne uniquement la compétition. Victor Wembanyama, Kylian Mbappé, Nikola Karabatic ou encore Kévin Mayer déambuleront bien en tenue Le Coq Sportif dans le village, et monteront (on l'espère) sur les podiums avec les tenues de l'équipementier de l'équipe de France olympique. Le Coq Sportif équipera également l'équipe d'Argentine sur les Jeux olympiques et paralympiques.

Un coq qui "regarde la victoire en face"

L'objectif de médailles pour les bleus à Paris affiché par le président de la République et la ministre des Sports est offensif. A l'image du coq brodé sur les tenues des athlètes et qui a été redesigné pour l'occasion.

"C'est un coq en rupture totale avec ses prédécesseurs", lance Julie Matikhine la directrice de la marque Paris 2024. "C'est un coq de combat qui regarde droit dans les yeux, avec une forme de rage et d'esprit de conquête, et une détermination sans faille. Il y croit dur comme fer. Derrière cette image, on vient engager tous nos athlètes mais aussi le pays. Ce coq doit nous aider, parce qu'on est le pays hôte des Jeux à changer de paradigme pour jouer ces Jeux à domicile. Avant on avait des athlètes qualifiés pour les JO, aujourd'hui on a une équipe qui comme son emblème regarde le monde droit dans les yeux et la victoire en face."

Des tenues et un emblème que Paris 2024 espère voir dépasser les limites du village olympique. "On aura réussi notre pari si après demain, des jeunes partent faire leur entretien d'embauche avec une tenue équipe de France car ça dira d'eux une motivation, une capacité à croire en eux et se donner les moyens. Parce que la victoire se regarder en face, droit dans les yeux."

Le grand public pourra les acheter

"L'objectif c'est que le grand public s'approprie ces tenues, que l'on puisse en faire des tenues qui se déclinent dans la rue et que tous les Français aient envie de les porter. C'est pour cela que ce ne sont pas des tenues trop ostentatoires, trop "France" pour que ça puisse être porté avec fierté."

Les produits commencent à arriver en magasin et disponibles des maintenant sur le site internet du Coq Sportif et à partir de demain dans les boutiques et chez les distributeurs habituels de la marque. Et également dans les boutiques officielles de Paris 2024. Des produits qui seront également disponibles dans les boutiques des sites de compétitions pendant les Jeux.

Sur certaines pièces ce ne sera pas exactement la même tenue que les athlètes. Par exemple le "France" dans le dos qui n'y sera pas contrairement à la tenue des athlètes. Les tenues d'entraînement et de compétition seront également en vente. Nous avons créé également un maillot multisport qui reprend les éléments.

Plus d'un million de pièces seront en vente. Des collections hommes, femmes et enfants. Certaines pièces ne seront pas dans la dotation des athlètes comme un bombers. Mais l'objectif est de déployer cette collection au plus grand nombre. Avec des produits d'appel comme le t-shirt à 40 euros.

Article original publié sur RMC Sport