Avec Jean-Luc Godard, le cinéma perd son plus fervent rebelle

Photo Eric Gaillard/REUTERS

“Jean-Luc Godard est mort, le 7e art est en deuil !” s’exclame le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung. Le cinéaste est décédé le 13 septembre à Rolle (Suisse), à l’âge de 91 ans, et la presse étrangère est unanime pour évaluer l’empreinte qu’il laisse derrière lui : colossale. “L’astronomie a eu Galilée, la science Darwin et le cinéma Godard”, affirme Le Temps, un autre quotidien suisse, francophone celui-là.

On l’avait sans doute oublié, tant les derniers films de Jean-Luc Godard ont souvent semblé “pompeux et lourds de leur propre importance”, concède Die Welt. Mais, “dans les années 1960, Godard était vu comme un messie du cinéma, celui qui a ouvert les yeux de toute une génération d’artistes sur ce qu’il était possible de faire”, rappelle le quotidien berlinois.

“Plus jeune, plus libre, plus irrévérencieux”

Son premier film, À bout de souffle, sorti en 1960, a d’emblée fait entrer le Franco-Suisse dans la légende. Il a “inventé une nouvelle façon de faire du cinéma”, souligne le quotidien espagnol La Vanguardia. Avec Claude Chabrol (Le Beau Serge, 1958) et François Truffaut (Les 400 Coups, 1959), Jean-Luc Godard a fait déferler ce qu’on a appelé la “Nouvelle Vague”, “un genre de cinéma plus jeune, plus libre et plus irrévérencieux, aux antipodes de la plupart des films réalisés à l’époque en studio”, écrit The Hollywood Reporter, une des lectures de référence de l’industrie hollywoodienne.

Le quotidien madrilène El País résume en ces termes le phénomène, qui s’est étendu bien au-delà des salles obscures : “Un tourbillon d’air frais, une nouvelle façon de raconter, des personnages et des attitudes qui, comme les Beatles, les Stones et Mai 68, allaient marquer la culture et les sociétés occidentales de la décennie.” La Nouvelle Vague a essaimé aux quatre coins du monde, “du Brésil à la Tchécoslovaquie en passant par le Japon”, rappelle encore The Hollywood Reporter. Et a aussi inspiré “des générations de cinéastes américains”, parmi lesquels “Martin Scorsese, Brian De Palma, Paul Schrader, Peter Bogdanovich et Quentin Tarantino, qui a baptisé sa maison de production [A Band Apart] en hommage au film Bande à part.”

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