Iran: Macron salue un mouvement "inédit" et plaide pour une "réaction diplomatique forte"

Iran: Macron salue un mouvement "inédit" et plaide pour une "réaction diplomatique forte"
Emmanuel Macron à l'Elysée le 26 octobre 2022 - Ludovic Marin/AFP
Emmanuel Macron à l'Elysée le 26 octobre 2022 - Ludovic Marin/AFP

Un mouvement "inédit". Interrogé par France Inter, Emmanuel Macron est revenu sur les manifestations qui ont lieu en Iran depuis plusieurs semaines après la mort le 16 septembre dernier de Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique.

Pour Emmanuel Macron, "ce qui advient" de ce mouvement est "cette volonté de reconnaître d'abord la place de la femme et l'égalité entre la femme et l'homme". "Le plus impressionnant", dit-il, "c'est que ce sont des jeunes femmes, des jeunes hommes qui n'ont vécu que sous ce régime" de la République islamique, advenu en 1979.

Emmanuel Macron voit également dans ces manifestations un pied de nez à "beaucoup d'idées toutes faites", celles selon lesquelles "les valeurs que nous défendons étaient bonnes que pour l'Occident, que les femmes, au fond, étaient heureuses de vivre dans cette situation d’obscurantisme, d’oppression". "C'est tout l'inverse qui est démontré par cette génération", de jeunes femmes, a-t-il salué.

Le président a reçu à l’Élysée ce vendredi quatre femmes iraniennes pour leur dire "notre admiration, notre respect et notre soutien".

"Le combat qu’elles mènent est un combat, qui pour nous, prend un sens tout particulier, c’est celui des valeurs qui sont notre devise, d’un universalisme de libertés auquel nous croyons et elles le portent avec un courage exceptionnel, c’est-à-dire au prix de leur vie", déclare-t-il.

"Réaction diplomatique forte"

Depuis le début des protestations, les manifestants font face à une répression très sévère du pouvoir. Selon les chiffres de l'ONG iranienne des droits de l'homme (IHRNGO), au moins 326 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont 43 enfants. Ce dimanche, la répression est montée d'un cran: un tribunal de Téhéran a condamné à mort, pour la première fois, une personne accusée d'avoir participé "aux émeutes" qui secouent le pays, a annoncé l'agence de l'autorité judiciaire Mizan online.

Soulignant "un niveau de violence, de répression, qui est inédit", Emmanuel Macron plaide pour une "réaction diplomatique forte" de la communauté internationale et l'instauration de "mécanismes qui permettent d'abord de poursuivre celles et ceux qui commettent ces crimes et ces répressions".

"La grande difficulté dans ces cas-là, c’est d'être sûr que les sanctions ont une efficacité, qu’elles ne pèsent pas sur les populations. Et d’être sûr que vous sanctionnez les bonnes personnes, c’est-à-dire celles et ceux qui sont au cœur du système", a détaillé le chef de l'État.

Emmanuel Macron est également revenu sur sa rencontre avec Ebrahim Raïssi, le président iranien, en marge de l'assemblée générale de l'ONU à New-York. L'entretien, intervenu quatre jours après la mort de Mahsa Amini avait choqué de nombreux Iraniens.

"Liberté de croire et de ne pas croire"

Le chef de l'État d'abord reconnu "l'émotion, le dissensus et la révolte" que cela peut susciter, d'autant plus quand "on a soi-même été menacé, qu'on l'est encore". Puis, il a défendu sa décision: "De là où je suis, le plus utile c'est de mener un travail diplomatique, parler avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord". Pour lui, il s'agit de "réduire ces écarts et de faire œuvre utile".

Enfin, Emmanuel Macron a abordé les répercussions de ces événements dans l'Hexagone, en s'exprimant notamment sur la question du voile. "En France [...], on préserve cette liberté de croire et de ne pas croire", a d'abord exposé le président. Et de souligner ensuite qu'"il y a aussi des endroits, des moments, des situations où pour une jeune fille, ce n'est pas une liberté".

"Elles ont la pression de la famille est des proches, c'est ça qu'il faut combattre", a exhorté Emmanuel Macron expliquant qu' "il faut lutter par "l'éducation, l'émancipation, la culture, le savoir."

Le chef de l'État a fait le parallèle avec les femmes en Iran. Le message de ces dernières selon lui: "On vous ment en notre nom, n'allez pas croire que ce voile, nous le portons avec bonheur. Nous, nous voulons nous en débarrasser ou, en tout cas, avoir la possibilité de choisir".

Article original publié sur BFMTV.com