Interdiction de stade: la France "en retard" par rapport à ses voisins, selon le patron de la DNLH

"Les interdictions de déplacement, c’est toujours une défaite." En première ligne dans le combat qui vise à éradiquer la violence des tribunes, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a encore appelé ce lundi à un sursaut collectif des parties prenantes concernées par cette initiative d’ampleur qu’elle entend mener en juin sur la question du supportérisme. "Ces derniers mois, la réalité du terrain a été émaillée d’incidents", a rappelé la ministre à l’occasion d’un colloque organisé au Sénat. Souhaitant privilégier les sanctions individuelles plutôt que le durcissement des sanctions collectives, Amélie Oudéa-Castéra en a appelé à la responsabilité de tous, des clubs aux associations de supporters. "Sinon, on interdira de nouveau et tout le monde y perdra."

"Ça représente 5% des rencontres"

Cette saison, de nombreux incidents et débordements ayant émaillé les rencontres de football ont replacé le sujet de la violence dans les stades sur le devant de la scène, conduisant les autorités à sévir plus durement, parfois en multipliant les arrêtés ministériels ou préfectoraux pris tardivement et sans concertation. Quitte à ce qu’ils génèrent des contentieux et soient retoqués au niveau administratif. Présent à ce colloque organisé au Sénat, Thibaut Delaunay, commissaire et chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), a dévoilé des chiffres très parlants qui donnent un aperçu de la réalité du terrain, s'agissant des interdictions de déplacement prises par le ministère de l'Intérieur, et des interdictions de stade, qu'elles soient judiciaires ou administratives.

Depuis le début de saison 2023-2024, le ministère de l'Intérieur estime à 40.000 le nombre de policiers mobilisés pour la sécurité des rencontres professionnelles en France. 27 interdictions de déplacement de supporters ont été prises par le ministre de l'Intérieur, d’après ces chiffres. "Ça représente 5% des rencontres", a précisé Thibault Delaunay. Ce qui pourrait paraître infinitésimal, mais "c'est encore trop", a estimé le commissaire. A l'heure actuelle, 328 personnes sont interdites de stade en France (129 de manière administrative et 199 de manière judiciaire). Considérant la France "en retard" sur cette thématique par rapport à nos plus proches voisins, Thibault Delaunay a servi la Belgique à titre d’exemple comparatif. "1200 personnes y sont interdites de stade", a expliqué le patron de la DNLH.

Article original publié sur RMC Sport