“I, Joan” : Isobel Thom, en Jeanne d’Arc non binaire, brûle les planches à Londres

Photo Helen Murray

À Londres, l’un des événements de cette rentrée théâtrale est une pièce consacrée à Jeanne d’Arc. Près de 600 ans après avoir été menée au bûcher par les Anglais, la Pucelle d’Orléans est à l’affiche du Shakespeare’s Globe, l’une des scènes les plus réputées de la capitale britannique.

Jusqu’au 22 octobre, l’institution propose I, Joan (“Moi, Jeanne”). Une pièce de Charlie Josephine, mise en scène par Ilinca Radulian, dans laquelle Jeanne d’Arc devient un personnage non binaire. Personnage qui ne se reconnaît pas dans les catégories “féminin” et “masculin” et demande qu’on parle d’iel plutôt que d’elle ou de lui.

Une héroïne “de notre temps”

Sur scène, c’est Isobel Thom, au sortir de sa formation au Royal Welsh College of Music & Drama, qui se glisse dans le rôle-titre. Tout comme Charlie Josephine, Isobel Thom se revendique non-binaire et refuse l’emploi des pronoms il ou elle à son sujet. “Je ne suis pas une jeune fille. Je n’entre pas dans cette définition”, déclare, entre autres, son personnage.

Au fil des siècles, en plus des récupérations politiques, Jeanne d’Arc n’a cessé d’inspirer artistes et créateurs. Elle a aussi pu être érigée en icône LGBTQI, et a nourri les travaux de chercheurs en sciences sociales. I, Joan, dernière exploration du personnage en date, est applaudie par la critique britannique. “Loin du cours magistral en études de genre, c’est bien une proposition théâtrale, drôle et féroce”, s’enthousiasme The Independent, un journal en ligne réputé pour ses positions libérales sur les questions de société.

Le vénérable quotidien conservateur The Times est, lui aussi, conquis :

“Voilà un.e Jeanne d’Arc bien de notre temps, en jeune personne découvrant qui iel est, au point d’être prêt.e à mourir pour l’affirmer, porté.e à la fois par sa confiance en soi et par sa foi en Dieu.”

Isobel Thom, une révélation

Beaucoup de journalistes, en particulier, saluent la performance incandescente d’Isobel Thom, qui, pour ses débuts sur les planches, “éblouit sur scène, avec quelque chose d’un lutin à la grâce enfantine” et “offre une prestation courageuse, venue des tripes et du cœur”, écrit The Guardian. Iel dresse “le portrait d’un.e révolutionnaire au genre fluide, sur un mode à la fois très politique et profondément intime”, acquiesce The Times.

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