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Hommage aux victimes du 7 octobre: les familles saluent un moment "attendu et important"

Il y a quatre mois jour pour jour, le Hamas lançait un assaut sans précédent sur Israël tuant plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, et déclenchant un conflit toujours en cours à Gaza. Dans cette attaque, 42 Français ont été tués: Emmanuel Macron a décidé de leur rendre un hommage national, en présence des familles des victimes, ce mercredi 7 février.

Un hommage "attendu et important" qui "doit avoir lieu" pour Ange Kalderon, contacté par Ouest-France, qui a perdu sa cousine Carmela de 80 ans et la petite-fille de celle-ci, Noya, 12 ans.

"Ce que la France fait, même les Israéliens ne le font pas: à savoir donner l'honneur à ceux qui ont tellement souffert", a réagi un autre homme de la même famille au micro de RTL.

Un sentiment partagé par les parents de Karine Journo, 24 ans, tuée lors de l'attaque alors qu'elle participait au festival musical Tribe of Nova.

"Ici, ils commémorent à peine les victimes, alors que la France nous considère", ont-ils souligné à Franceinfo ce mardi. "On a été très émus d'être invités à cette commémoration."

"C’est un moment qui nous replonge dans le deuil”

La soeur d'un soldat, Valentin, tué le 7 octobre, Chloé Ghnassia, dit sur RMC "attendre de cet hommage du respect, de la bienveillance et de la reconnaissance de leur qualité de victime".

"Je considère que c'était important, que je devais y aller. Je trouve que c'est le jour où je dois lui rendre hommage en France avec toutes les autres familles que je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer avant", a-t-elle déclaré.

Avant d'ajouter:"J'y vais quand même vidée, je n'arrive toujours pas à réaliser que j'y vais parce que j'ai perdu mon petit frère".

Si l'organisation de cette cérémonie est saluée, certains proches de victimes redoutent toutefois de la vivre difficilement.

"D’un côté, ça fait plaisir. On est content. Et puis d’un autre côté, quand vous pensez à pourquoi on a le droit à tout ça, c’est très triste. Donc c’est assez difficile à gérer. Là, c’est un moment qui nous replonge dans le deuil”, a confié Annie Levy sur RMC qui a perdu sa fille Sigal, 31 ans. Elle était bénévole au festival Tribe of Nova.

"C’est très difficile cette communion dans le deuil. C’est très, très compliqué”, abonde la tante de Sigal, Muriel.

La mère d'Yitzhak Levy, tué lors de l'attaque du 7 octobre, affirme que "d'un côté, il y a la tristesse, mais il y a aussi la fierté" tout en saluant le "symbole" et la "solennité" du moment auprès de Franceinfo,

"Nous avons besoin d'aide"

Les familles des otages toujours aux mains du Hamas voient également cette cérémonie comme une tribune leur permettant de redonner de la visibilité à leur combat: libérer leurs proches. 132 otages seraient toujours captifs -28 d’entre eux seraient morts- dont quatre Français "toujours disparus et présumés otages".

"Nous avons besoin d'aide pour libérer des citoyens de la captivité du Hamas", a déclaré à l'AFP Ayala Yahalomi Luzon, sans nouvelles de son frère Ohad, 49 ans, depuis "123 jours".

Si pour elle, cette cérémonie est un "grand honneur", elle souhaite avant tout "voir une action concrète pour ramener (les otages) chez eux".

Yarden Gonen dont la sœur Romy, 23 ans, est l’une des otages du Hamas depuis maintenant quatre mois, attend de pouvoir rencontrer Emmanuel Macron en personne, "lui demander de faire tout ce qu'il peut" explique-t-elle à Franceinfo. Il est prévu que les familles des victimes s'entretiennent avec le président de la République à l'issue de la cérémonie;

Ishay Dan, dont le Hamas détient le frère, Ofer Kalderon, 53 ans, et a tué deux neveux lors de l'attaque du 7 octobre, se dit "fier de ce qui se passe maintenant en France", et espère que "les autres essayeront de faire la même chose dans leur pays".

Ce dernier juge d'ailleurs incompréhensible, voire inacceptable la présence attendue de plusieurs responsables de La France insoumise (LFI), qui avaient refusé de qualifier l'attaque de "terroriste".

Plusieurs familles de victimes françaises ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander d'interdire leur participation mais selon l'Élysée, il s'agit d'une "cérémonie républicaine" dont aucun élu, par définition, ne peut être écarté.

Yarden Gonen estime quant à elle qu'il "faut parler à tout le monde". "Je comprends qu’ils ne se rendent pas compte. Mais ils doivent comprendre. Les deux choses les plus importantes dans la vie, c’est la santé et la communication", a-t-elle affirmé.

Article original publié sur BFMTV.com