Haïti : l’illusoire intervention internationale

PHOTO RICHARD PIERRIN/AFP

Crises sécuritaire, sociale, humanitaire, politique… “Presque trois mois après la demande du gouvernement d’une assistance militaire internationale, […] personne ne se bouscule aux portillons pour prendre le leadership de cette mission”, écrit Le Nouvelliste, le plus grand quotidien haïtien. Mardi 10 janvier, les États-Unis et le Canada ont remis le sujet sur la table, au Mexique, en marge d’un sommet réunissant ces trois pays, liés par un traité de libre-échange en vigueur depuis 1994.

Lors d’une rencontre bilatérale le président américain, Joe Biden, et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, ont discuté, entre autres choses, “de la sécurité et de la stabilité en Haïti” mais, poursuit le journal, “sans fournir d’indications sur la suite [à donner] à la demande d’assistance militaire internationale formulée par le gouvernement d’Ariel Henry en octobre 2022.”

Seule aide : le renforcement de la police haïtienne

À l’époque, les États-Unis avaient fait remonter cette demande jusqu’au Conseil de sécurité de l’ONU, en l’appuyant fortement. Mais sans vouloir s’engager à la tête d’une telle mission militaire, car, comme le rappelle le site Bloomberg, “ils prennent bien garde d’envoyer leurs propres troupes sur le terrain pour éviter de rappeler leur passé interventionniste dans ce pays”.

De violentes manifestations avaient d’ailleurs eu lieu en octobre contre l’éventualité d’une intervention américaine. Joe Biden s’est donc tourné vers Justin Trudeau, mais celui-ci refuse également d’envoyer des troupes. Seul accord entre les deux pays : continuer de renforcer la police nationale pour l’aider à lutter contre les gangs lourdement armés qui, depuis des mois, ont la mainmise sur des régions entières du pays.

La crise politique que traverse le pays n’aide en rien la crise sécuritaire. Faute d’élections, le dernier tiers des sénateurs encore en place ont terminé leur mandat lundi 9 janvier. Le pays n’a plus de députés ni même de chef d’État depuis l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président Jovenel Moïse. Le Premier ministre, Ariel Henry, très contesté, gouverne seul, “sans aucun mandat, héritier de tous les pouvoirs”, déplore Le Nouvelliste dans son éditorial.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :