Comment la guerre en Ukraine va s'immiscer dans le défilé du 14-Juillet

Des troupes défilent pour le 14-Juillet sur les Champs-Élysées. - LIONEL BONAVENTURE
Des troupes défilent pour le 14-Juillet sur les Champs-Élysées. - LIONEL BONAVENTURE

Contexte de guerre. Le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet qui se déploie ce jeudi sur la célèbre avenue des Champs-Elysées se déroule cette année dans une ambiance géopolitique particulière. Au 111ème jour de l'invasion de la Russie en Ukraine.

Si la France n'est pas partie prenante dans ce conflit et si aucune troupe armée française n'a été envoyée sur sol kievien, cette démonstration annuelle de force élyséenne -peu imitée par d'autres démocraties occidentales- sera malgré tout empreinte par la guerre qui fait rage à l'est de l'Europe.

"Naturellement, ce défilé est marqué par le contexte stratégique et tient compte de ce contexte", a déjà prévenu l'Élysée.

De pays et des bataillons à l'honneur

Le Palais donne le ton dès 10h43 en ayant invité pas moins de 9 pays étrangers. Pour la plupart, il s'agit de nations voisines de la Russie ou de l'Ukraine. Les drapeaux de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie vont ainsi parader en ouverture du défilé des troupes à pieds.

"Ce défilé doit valoriser la fiabilité de l'engagement de la France auprès de ses alliés", représentés par ces neuf pays, indique le sommet de l'État.

Suivent ensuite des troupes particulièrement mises à l'honneur cette année pour leur mission de "réassurance du flanc est", précise l'Élysée.

Après quatre mois en Roumanie, le 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA) qui a fait son retour à Annecy fin juin, sera parmi les premières troupes au sol à fouler celle qu'on surnomme "la plus belle avenue du monde".

Installé à la base militaire de Mihail Kogalniceanu près de Constanta, ville côtière du sud-est de la Roumanie aux portes de l'Ukraine, le contingent français de 250 hommes vient d'être relevé par les parachutistes du 8e régiment d’infanterie de marine de Castres.

Son déploiement s'était effectué en 7 jours, au mois de février, dès le début de l'invasion, dans le cadre de l'envoi d'un bataillon multinational. 500 militaires français sont aujourd'hui sur place. D'ici 2023, cette mission "Aigle" devrait concerner près d'un millier de militaires.

Un détail symbolique

Au-delà des hommes et des drapeaux, un indice du contexte géopolitique s'observe en plus sur le visuel de l'évènement cette année. Au-dessus du slogan "Partager la flamme" qui s'étale en lettres noires majuscules sur l'affiche de ce 14 juillet 2022, un demi-symbole de l'OTAN épouse six étoiles du drapeau européen.

Il ne faut pas l'analyser comme "deux engagements à moitié", tient à faire savoir l'Élysée, mais comme "deux pleins engagements de la France comme un partenaire fiable auprès de ses alliés, quelles que soient les alliances". L'alliance Atlantique donc. Et l'alliance avec les alliés européens.

Dans ces symboles, "hors de question d'y voir une évocation directe de la guerre, mais il s'agit là de montrer qu'on fait partie d'une alliance défensive dans l'Otan et de montrer à nos alliés que nous sommes là", précise le journaliste international et défense chez BFMTV, Patrick Sauce.

C'est la première fois toutefois que le bouclier argenté de l'OTAN apparaît sur un visuel de cette fête nationale.

Le Palais de l'Elysée a d'ores et déjà annoncé que le Président Zelensky n'interviendra pas pendant cet évènement. Des symboles et des honneurs donc, mais aucun signe surtout d'un parti pris.

Article original publié sur BFMTV.com

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