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Guerre en Ukraine: les députés LFI voteront contre lors du débat sur le soutien à Kiev

Les députés LFI voteront contre la stratégie française d'aide à l'Ukraine, à l'issue du débat organisé ce mardi 12 mars à l'Assemblée nationale, a annoncé le groupe insoumis.

Les Insoumis affirment ainsi voter "contre la guerre" et "contre l'élargissement de l'Otan et de l'Union européenne" à l'Ukraine, revendiquant leurs divergences avec les socialistes, qui soutiendront de leur côté l'accord de sécurité scellé entre la France et l'Ukraine le 16 février.

L'Assemblée nationale devrait approuver mardi la stratégie d'aide à l'Ukraine lors d'un débat et d'un vote symbolique qui, en pleine campagne des élections européennes, mettra en lumière les divisions à gauche et la position délicate du Rassemblement national.

Le RN s'abstiendra

Le Premier ministre, Gabriel Attal, donnera le coup d'envoi des débats vers 16h30, avant l'intervention des groupes politiques puis un vote, sans valeur contraignante, attendu aux environs de 20 heures. L'issue du vote devrait être assez largement favorable, avec le soutien du groupe Les Républicains (LR), des socialistes et des écologistes.

Deux ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les macronistes espèrent pointer du doigt les "ambiguïtés" à l'égard de la Russie du RN, qui s'abstiendra, et de LFI qui votera contre.

Gabriel Attal a donné le ton samedi lors du premier meeting de campagne du camp présidentiel aux Européennes, en multipliant les attaques contre "le clan Le Pen", accusé de "faiblesses" et de "mollesses" face à la Russie de Vladimir Poutine. "Ces procès en russophilie" sont "là pour détourner les électeurs des vrais enjeux", balaye le RN Sébastien Chenu, dont le parti caracole dans les sondages, avec plus d'une dizaine de points d'avance sur la candidate macroniste Valérie Hayer.

Une aide militaire pour l'Ukraine

Le groupe de Marine Le Pen "s'abstiendra" lors du vote, a annoncé son président Jordan Bardella, évoquant des "lignes rouges" parmi lesquelles l'envoi de troupes au sol et l'adhésion possible de l'Ukraine à l'Otan et à l'Union européenne. "L'abstention, c'est une forme d'ambiguïté. On voit bien que dans ce débat le RN est gêné", a réagi le patron des LR Eric Ciotti pour qui "nous devons être aux côtés des Ukrainiens".

Dans sa déclaration, le chef du gouvernement doit présenter l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février. Conclu pour une durée de dix ans, il comprend un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l'artillerie et de la défense aérienne.

En 2024, Paris promet de fournir "jusqu'à trois milliards d'euros de soutien supplémentaire". "Ces trois milliards ne sont pas un chèque à l'Ukraine. Ils correspondent à la valeur maximale de notre aide militaire en 2024, notamment aux commandes passées auprès de nos industries de défense françaises", a expliqué le ministre des Armées Sébastien Lecornu.

Un des thèmes clés de la campagne pour les européennes

A trois mois du scrutin du 9 juin, l'aide à l'Ukraine est devenue un des thèmes clés de la campagne européenne, particulièrement depuis les propos fin février d'Emmanuel Macron qui n'a pas écarté l'envoi de troupes au sol et ne veut mettre "aucune limite" dans le soutien à Kiev.

Depuis ces déclarations qui ont suscité de fortes polémiques en France et en Europe, particulièrement avec l'Allemagne, Sébastien Lecornu a assuré que l'envoi "de troupes au sol combattantes n'était pas sur la table et le président Volodymyr Zelensky s'est voulu rassurant lundi en affirmant à des médias français que "tant que l'Ukraine tient, l'armée française peut rester sur le territoire français".

LFI hostile à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE

Mais cette posture présidentielle est invoquée par LFI pour justifier son vote contre, car "nous sommes opposés à ce que la France soit le leader du camp de la guerre", selon son coordinateur Manuel Bompard. Les Insoumis expliquent aussi être hostiles à l'élargissement possible de l'Otan et de l'UE à l'Ukraine.

Même discours chez les communistes. "Nous n'allons pas dire non à la solidarité avec l'Ukraine mais non à l'escalade de guerre", a argumenté le député Sébastien Jumel. La divergence est nette à gauche avec les socialistes. "Vous pensez vraiment que l'Otan est un agresseur de la Russie ? Les pacifistes sont à l'ouest, mais les missiles sont à l'est (...)", a lancé leur premier secrétaire Olivier Faure à l'adresse des Insoumis et des communistes. Vladimir Poutine "ne veut pas négocier" et attend le retour de Donald Trump, a-t-il jugé.

"Notre ligne est claire: pour le soutien à l'Ukraine, pour la livraison d'armes, pour l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne, contre tout envoi de troupes au sol", a affirmé de son côté la cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain.

Article original publié sur BFMTV.com