Grève du 19 janvier : des transports qui contrastent avec la pagaille de décembre 2019

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GREVE - « Beaucoup mieux que les jours normaux ! » C’est une conséquence très paradoxale de la grande mobilisation contre la réforme des retraites attendue ce jeudi 19 janvier : les rares métros, trains et lignes de bus qui roulent sont quasiment vides en France métropolitaine. Quant à la circulation routière, elle est fluide, et même très en dessous de la moyenne sur les routes franciliennes, selon le site d’information routière Sytadin.

Ce calme apparent dans les transports de l’Hexagone et sur les routes d’île de France détonne avec la précédente mobilisation contre la réforme des retraites en 2019. Si les RER, métros et trains sont certes perturbés, ils ne sont pas pris d’assaut comme il y a trois ans.

« Vert » sur les routes d’île de France

Sur les routes de région parisienne, pas de bouchon en ce jeudi de grève. Très peu d’automobilistes ont circulé en direction de la capitale et seulement 175 kilomètres de bouchons ont été enregistrés à 9 heures contre 280 en moyenne à la même heure, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous. Depuis 9 heures, la courbe est en baisse constante et reste dans la zone verte indiquant de « faibles embouteillages ».

Carte des bouchons cumulés en Ile de France ce jeudi 19 janvier.
Carte des bouchons cumulés en Ile de France ce jeudi 19 janvier.

Au contraire, lors de la grève illimitée déclarée le 5 décembre 2019 par les syndicats de la RATP et de la SNCF, les routes étaient noires de voitures pendant plus d’un mois. Le lundi 16 décembre 2019, au cœur du mouvement, la même carte indiquait qu’à 9 heures, 600 kilomètres de bouchons enregistrés sur les routes d’Île-de-France. Comme vous pouvez le constater sur la carte ci-contre, la courbe avait dépassé la zone « rouge », synonyme de bouchons exceptionnels.

Carte des bouchons cumulés en Ile-de-France le 16 décembre 2019.
Carte des bouchons cumulés en Ile-de-France le 16 décembre 2019.

Perturbations surtout pour les métros et RER

Du côté des transports en île de France, la situation est « très disparate » en fonction du mode de locomotion choisi, affirme ce jeudi 19 janvier matin Bruno Gazeau, président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), joint par Le HuffPost. « Le mouvement est très marqué pour les métros et RER. C’est mieux pour les tramways et 1 bus sur 3 circule », détaille-t-il.

Effectivement, le trafic des métros et RER de la RATP en région parisienne est « très perturbé » ce jeudi, a prévenu la RATP. Les lignes 8, 10 et 11 étaient totalement fermées ce matin et douze autres ne fonctionnent, parfois partiellement, qu’en heures de pointe.

Pour le trafic des Intercités, en Île-de-France, on compte seulement 1 train sur 3 sur les lignes A, B, H et U. Il y a 1 train sur 10 sur les lignes C et D, en partie fermées toutes les deux, ainsi que sur les axes J, K, L, N et P.

Les lignes qui fonctionnent sont vides

Mais pour les lignes qui roulent normalement, certains transports sont vidés de leurs usagers. « Il y a eu beaucoup d’incitations à fermer les métros, alors rares sont les Parisiens qui s’aventurent à le prendre », analyse Bruno Gazeau. C’est pourquoi sur Twitter, certains internautes se sont réjouis de voir les wagons sans voyageur. D’après un utilisateur du réseau social, il n’y avait notamment pas un chat à Châtelet ce jeudi matin.

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C’est surtout du côté des trains et RER que tout va pour le mieux pour les usagers qui ont eu la chance d’avoir une ligne fonctionnelle. Comme vous pouvez le lire dans les Tweets ci-dessous, beaucoup d’internautes partagent leur étonnement de voir des gares, quais et trains vides en région parisienne, et ce malgré la grève. Un vrai bonheur pour ces Franciliens qui se plaignent depuis des mois de la dégradation des offres de transports de la capitale.

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Dans certaines villes de province, le trafic est même encore plus fluide que dans la capitale : « A Lyon, pratiquement 80 % du réseau fonctionne. À Marseille, une ligne sur deux fonctionne. Les transports à Montpellier à Nantes sont, en revanche, plus affectés », estime Bruno Gazeau qui a passé de nombreux coups de fil ce matin aux réseaux des grands groupes de transports en région.

D’ailleurs, le directeur de la FNAUT nous explique pourquoi, selon lui, dans beaucoup de villes moyennes, la grève est moins suivie : « Les groupes de province suivent davantage les grèves locales dont les revendications touchent beaucoup plus leurs intérêts, comme pour les augmentations de salaire. »

« Un point s’est amélioré depuis trois ans : l’information en amont »

A contrario à Paris, les grèves nationales mobilisent beaucoup de salariés du réseau de la RATP et de la SNCF. Surtout pour cette mobilisation où les personnels sont directement concernés par la réforme, notamment sur la suppression des régimes spéciaux.

En conséquence, les transports sont fortement perturbés et des usagers se sont par exemple retrouvés bloqués sur les quais de métro bondés. Mais si la situation n’est pas rose sur toutes les lignes, les perturbations ne provoquent pas la même cohue que lors de la précédente mobilisation contre la réforme des retraites en 2019.

En 2019, les transports franciliens, les trains, métros et bus qui circulaient étaient pris d’assaut. Sur les réseaux sociaux, des vidéos filmées par les usagers montraient ces situations de tension entre les voyageurs, certains tentant de monter à tout prix à bord. La vidéo ci-dessous, publiée le 9 janvier 2019, illustre ce mécontentement.

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Comment se fait-il qu’en 2022 la grève contre la réforme des retraites ne provoque-t-elle pas un tel chaos ? « Un point s’est amélioré depuis 3 ans : l’information en amont. C’est essentiel que les usagers sachent l’avant-veille l’étendue des difficultés. Il reste à progresser quand les grèves sont plus locales (mais potentiellement très suivies) », estime l’association d’usagers du RER et du Transilien, « Plus de trains », sur son compte Twitter. La SNCF et la RATP ont en effet donné hier leurs prévisions de trafic pour ce jeudi.

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Un constat entièrement partagé par Bruno Gazeau qui dénote une nette amélioration sur la prévention des usagers en marge de fortes perturbations des transports depuis 2019. « Ça s’est pas mal organisé depuis la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, quand une journée de grève est prévue, les entreprises incitent au télétravail, dans les métropoles il y a beaucoup d’espace de coworking dans lesquels se replier. Enfin, l’usage du vélo s’est beaucoup démocratisé ! »

À voir si cela se confirme dans les prochains jours, si l’intersyndicale, qui se réunira ce jeudi à 18 heures, décide de donner une suite à cette première journée d’action.

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