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Gaza: qu'est-ce que l'Unrwa, cette agence de l'ONU mise en cause par Israël?

Une agence dans la tourmente. Depuis le vendredi 26 janvier, dix pays ont annoncé suspendre leur financement à l'Agence pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) qui joue un rôle clé auprès des Palestiniens. Cette décision survient après qu'Israël a accusé plusieurs employés de l'organisation d'avoir été impliqués dans les attaques menées le 7 octobre par le Hamas en Israël. 12 employés de l'agence ont depuis été licenciés.

États-Unis, Allemagne, Italie suspendent leurs aides

Dès vendredi, les États-Unis annoncent l'arrêt temporaire de toute contribution financière à l'Unrwa. Ils sont suivis par le Canada, l'Australie, l'Italie, le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Autriche.

D'autres pays laissent leur décision en suspens. La Suisse a ainsi déclaré attendre d'avoir plus d'informations sur la situation pour décider de la poursuite ou non des aides à long terme.

La France a de son côté indiqué dimanche ne pas prévoir de "nouveau versement" à l'Unrwa au cours du premier trimestre, tandis que le Japon suspend ses financements "pour le moment" sans plus de précisions. Seule la Norvège a annoncé maintenir ses aides. L'Union européenne a réclamé ce lundi un audit sur le fonctionnement de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa)

Lancée après la création d'Israël

Mais à quoi sert l'Unrwa? Cette agence des Nations unies a été mise en place en 1949, après l'éclatement du premier conflit arabo-israélien au lendemain de la création d'Israël, en mai 1948.

La mission de l'Unrwa est de fournir une assistance humanitaire et une protection aux réfugiés palestiniens enregistrés dans sa zone d'opérations et cela "dans l'attente d'une solution juste et durable à leur situation".

À l'époque, alors que l'État d'Israël vient d'être instauré, plus de 700.000 Palestiniens se retrouvent sans terre, après avoir été expulsés ou après avoir fui les lieux entre avril et août 1948, selon l'ONU. Ils détiennent, ainsi que leurs descendants, le statut de réfugiés, leur statut international ne peut alors être garanti que par l'Unrwa.

Soins médicaux et enseignement

Au total, aujourd'hui, environ 5,9 millions de Palestiniens sont enregistrés auprès de cette agence de l'ONU et 540.000 enfants étudient dans ses écoles.

L'Unrwa gère une soixantaine de camps destinés à accueillir ces réfugiés, dont 19 en Cisjordanie, ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Les personnes prises en charge reçoivent des aides diverses allant du camp d'installation d'urgence au microfinancement, en passant par les soins médicaux, une aide sociale et l'éducation.

Sur les 30.000 employés que compte l'Unrwa, 13.000 sont basés dans la bande de Gaza.

44,6 millions de dollars de l'ONU

Pour assurer toutes ces missions, l'agence est financée quasi entièrement par des contributions volontaires venues d'États membres de l'ONU. Elles représentent 89,2% du financement en 2022.

"En 2022, les financements reçus du budget ordinaire de l'ONU et les contributions d'autres entités de l'ONU se sont élevés à 44,6 millions de dollars", indique l'Unrwa.

Selon l'Unrwa, ses principaux contributeurs gouvernementaux étaient d'abord les États-Unis, puis l'Allemagne, l'UE, la Suède et la Norvège.

Outre ces acteurs, des entreprises et des fondations participent aussi financièrement, ainsi que des dons privés. Chacun peut en effet faire un don via le site de l'Unrwa. Ces aides se sont élevées à 15,4 millions de dollars en 2022.

1,7 million de personnes déplacées à Gaza

Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas, l'Unrwa indique avoir été mobilisée pour le 1,7 million de personnes déplacées à travers la bande de Gaza pour fuir les combats.

Selon son dernier rapport, daté de ce lundi, entre le 21 octobre et le 24 janvier, la population a reçu de l'Unrwa 12.987 tonnes de farine, 6,2 millions de dollars de médicaments et fournitures médicales ou encore 19 millions de litres d'eau.

"Au 27 janvier 2024, le nombre total de collègues de l'Unrwa tués depuis le début des hostilités (...) s'élève désormais à 152", indique par ailleurs l'agence.

Article original publié sur BFMTV.com