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Employés remerciés, financement suspendu: l'Unrwa sous le feu des critiques après les attaques du 7 octobre en Israël

Une agence de l'ONU au coeur de la tourmente. Accusée d'avoir été impliquée dans les attaques du Hamas menées le 7 octobre en Israël, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) annonce vendredi 26 janvier se séparer de plusieurs employés accusés d'être impliqués. Dans la foulée, les États-Unis annoncent suspendre leur financement, suivis ensuite par le Canada, l'Australie, ou encore l'Italie.

Plusieurs employés renvoyés

Le chef de l'Unrwa Philippe Lazzarini annonce vendredi "résilier immédiatement" les contrats de certains membres de son personnel et "ouvrir une enquête" à leur sujet.

Cette nouvelle survient alors que l'agence de l'ONU assure avoir reçu des informations de la part d'Israël sur "l'implication supposée de plusieurs de ses employés" dans les attaques menées par le Hamas le 7 octobre qui ont été le point de départ du conflit qui oppose Israël au groupe terroriste palestinien.

"Tout employé qui a été impliqué dans des actes de terrorisme devra en répondre, y compris à travers des poursuites judiciaires", assure le chef de l'Unrwa, expliquant avoir pris sa décision "pour protéger les capacités de l'agence à délivrer de l'aide humanitaire".

Les États-Unis "préoccupés"

La réponse des États-Unis ne tarde pas. Washington annonce dans la foulée suspendre "temporairement" tout financement additionnel à l'agence onusienne.

Les États-Unis "sont extrêmement préoccupés par les accusations selon lesquelles 12 employés de l'Unrwa pourraient avoir été impliqués dans l'attaque (...)", tance le porte-parole du département d'État Matthew Miller dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, assure de son côté s'être entretenu avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres afin de "souligner le besoin d'une enquête rapide et approfondie sur cette question".

L'Unrwa régulièrement accusée par Israël

Organisation de l'ONU chargée de la distribution de l'aide aux civils de la bande de Gaza, l'Unrwa se trouve depuis longtemps dans le viseur des autorités israéliennes. Elle est en effet régulièrement accusée par Israël de corruption et de collusion avec le Hamas, ce dont elle se défend systématiquement.

Déjà, lorsque Donald Trump était président, les États-Unis, principal contributeur financier de l'agence, avaient retiré leur financement à l'Unrwa, jugeant ses activités "irrémédiablement biaisées".

Joe Biden était revenu ensuite sur cette décision, rétablissant en 2021 une aide de 340 millions de dollars en faveur de l'agence onusienne.

Des relations de plus en plus tendues

Depuis plusieurs jours, les relations entre Israël et l'Unrwa se sont dégradées, l'ONU accusant deux chars israéliens d'avoir tiré mercredi sur un centre de formation de l'Unrwa à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, un lieu transformé en abri depuis le début de la guerre.

Selon l'agence, les tirs ont fait 13 morts et au moins une cinquantaine de blessés, dans ce centre où sont réfugiés des milliers d'exilés.

Philippe Lazzarini de l'Unrwa dénonce alors une "violation flagrante des règles fondamentales de la guerre", tandis que l'armée israélienne avait de son côté annoncé un "examen approfondi" de ses opérations dans la zone concernée, sans écarter la possibilité d'une frappe du Hamas.

Israël veut "faire cesser" les activités de l'Unrwa

Israël réagit à ces annonces ce samedi en demandant à ce que l'agence onusienne ne joue plus aucun rôle à Gaza. Le gouvernement israélien dit vouloir "s'assurer que l'Unrwa ne fera pas partie" de la solution dans le territoire palestinien après la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien et "faire cesser" toutes les activités de l'agence.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait déjà exigé vendredi un "examen interne profond des activités du Hamas et d'autres organisations terroristes" au sein de l'Unrwa.

Le Hamas, de son côté, a dénoncé ce samedi ce qu'il qualifie de "menaces" et de "chantage" de la part d'Israël à l'encontre des agences de l'ONU.

Il accuse Israël de vouloir "couper les fonds et priver" la population de Gaza de toute aide internationale.

L'Unrwa "condamne" des attaques du 7 octobre

Après l'annonce du renvoi de certains de ses employés, l'Unrwa réitère "sa condamnation dans les termes les plus forts" des attaques du 7 octobre et appelle à la libération "immédiate et inconditionnelle" des otages israéliens encore détenus.

L'agence rappelle dans le même temps que "plus de 2 millions de personnes à Gaza dépendent d'une aide vitale que l'agence a fournie depuis que la guerre a commencé" et que "quiconque trahit les valeurs fondamentales des Nations unies trahit aussi ceux que nous servons à Gaza, dans la région et ailleurs dans le monde".

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Après plus de 100 jours de guerre, la situation sanitaire à Gaza continue de se dégrader.

Article original publié sur BFMTV.com