Publicité

Gaza: pour l'ONU, les restrictions à l'aide imposées par Israël "pourraient constituer un crime de guerre"

"Un crime de guerre". Ce sont les termes qu'a utilisés Jeremy Laurence, un porte-parole du Haut-Commissariat des droits de l'homme, pour désigner ce mardi 19 mars les sévères restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza.

"L'ampleur des restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide à Gaza, ainsi que la manière dont il continue de mener les hostilités, peuvent équivaloir à l'utilisation de la famine comme méthode de guerre, ce qui constitue un crime de guerre", a-t-il déclaré lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.

Le Haut-Commissaire des droits de l'homme Volker Türk désigne clairement Israël comme responsable de la situation alimentaire dans la bande de Gaza, et particulièrement dans le nord du territoire palestinien.

"La situation de faim et de famine est le résultat des restrictions étendues imposées par Israël à l'entrée et à la distribution de l'aide humanitaire et des biens commerciaux, du déplacement de la majeure partie de la population, ainsi que de la destruction d'infrastructures civiles cruciales", souligne Volker Türk dans un communiqué lu par le porte-parole, ajoutant: "le temps presse".

"Israël a l'obligation d'assurer la fourniture de nourriture"

Dans une déclaration envoyée peu après aux médias, la représentation israélienne auprès des Nations unies à Genève a affirmé au contraire qu'"Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour inonder Gaza d'aide, y compris par voie terrestre, aérienne et maritime".

Le Haut-Commissaire "cherche une fois de plus à blâmer Israël pour la situation et à absoudre complètement la responsabilité de l'ONU et du Hamas", souligne la déclaration israélienne.

Un habitant sur deux dans la bande de Gaza connaît une situation alimentaire catastrophique, en particulier dans le nord où la famine sévira d'ici le mois de mai en l'absence de mesures "urgentes", ont prévenu ce lundi les agences spécialisées de l'ONU.

"Israël, en tant que puissance occupante, a l'obligation d'assurer la fourniture de nourriture et de soins médicaux à la population en fonction de ses besoins et de faciliter le travail des organisations humanitaires pour fournir cette assistance", souligne encore le Haut-Commissaire.

"Une situation de faim catastrophique"

Plus de 1,1 million de Gazaouis sont confrontés à "une situation de faim catastrophique", proche de la famine, "le nombre le plus élevé jamais enregistré" par l'ONU, qui se base sur le rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publié lundi.

Si rien ne change, cela signifie, à terme, "plus de 200 personnes qui meurent de faim chaque jour", a alerté un porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU, Jens Laerke.

"Des crimes de guerre sont commis et ils doivent cesser", a poursuivi Jeremy Laurence. "Cette situation est entièrement le résultat de l'action de l'homme", a déploré une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Harris, à ses côtés, affirmant que les missions de l'OMS à Gaza "sont souvent refusées" par Israël.

"Le personnel médical nous dit qu'il constate de plus en plus les effets de la famine", a affirmé Margaret Harris, qui a indiqué que l'OMS avait mis en place "un centre de stabilisation nutritionnelle" dans le sud de Gaza et espérait en faire de même dans le nord.

Les opérations militaires israéliennes ont fait jusqu'à présent 31.819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Article original publié sur BFMTV.com