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Gaza: les blessés affluent à l'hôpital de Khan Younès, encerclé par l'armée israélienne

La crise humanitaire s'aggrave à Gaza. Alors qu'Israël a repris son offensive, et progresse désormais dans le sud de l'enclave, les populations civiles sont de plus en plus acculées.

L'armée israélienne mène de violents combats dans la ville de Khan Younès, où elle dit traquer les "terroristes" du Hamas et du Jihad islamique. Malgré le largage de tracts pour prévenir les habitants, des bombardements sur certains quartiers de la ville ont fait de nombreuses victimes.

Hôpitaux débordés

Dans l'hôpital de Khan Younès, les blessés affluent par dizaines. Parmi eux, des adultes, mais aussi de nombreux enfants soignés dans des conditions extrêmement précaires, parfois à même le sol. Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), l'hôpital, à court de personnel et de fournitures, abrite plus de 1.000 patients et 17.000 déplacés.

À l'heure actuelle, seuls 18 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnent, ne serait-ce que partiellement, a indiqué l'Organisation mondiale de la Santé en décrivant des scènes de "film d'horreur". Dans le sud de Gaza, 12 hôpitaux sont partiellement fonctionnels mais "extrêmement débordés", selon l'OMS.

Plusieurs de ces établissements ont actuellement deux ou trois fois plus de patients que de lits. Globalement, la capacité d'accueil hospitalière à Gaza a chuté de 3.500 à 1.562 lits, alors que les besoins ont explosé, avec au moins 5.000 lits nécessaires.

Nouvelle évacuation vers le sud

Tsahal demande à la population de fuir encore plus au sud, alors que Khan Younès servait déjà de refuge à une partie de la population du nord de l'enclave. Une situation qui met les habitants en colère.

"Ils nous ont dit de quitter Gaza parce qu’il y a une guerre. On a quitté le nord pour aller dans le sud comme ils nous l’ont demandé et maintenant c’est pareil dans le sud, que pouvons-nous faire?", se désespère un père de famille qui est venu à l'hôpital de Khan Younès avec son fils de deux mois.

Parmi les 600.000 Gazaouis ayant pour ordre d'évacuer, 250.000 sont des habitants du nord de l'enclave qui avaient déjà reçu un premier ordre d'évacuation, rapporte l'Unrwa.

L'armée israélienne a désigné la zone côtière d'Al-Mawasi comme zone d'évacuation. Mais l'ONU, qui a calculé que 28% du territoire la bande de Gaza tombe désormais sous le coup de ces ordres d'évacuation, a jugé "impossible" de mettre en place des zones sécurisées telles que désignées par Israël.

"Il n'y a absolument rien de sûr" dans la "safe zone" de Al-Mawasi, a déclaré de son côté James Elder, porte-parole de l'Unicef. Interrogé par SkyNews, ce dernier a décrit mardi une zone "sans toilette, sans une goutte d'eau", "représentant 4% du territoire de la bande de Gaza et censée accueillir 80% de sa population".

Article original publié sur BFMTV.com