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Israël-Hamas: Khan Younès, nouvel épicentre du conflit dans le sud de Gaza

L'armée israélienne intensifie ce mardi 5 décembre son offensive contre le Hamas dans le sud de la bande de Gaza. Engagée depuis le 27 octobre dans une offensive terrestre dans le nord du territoire palestinien, Tsahal a étendu ses opérations au sol à l'ensemble de l'enclave, près de deux mois après le début de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël.

Depuis la reprise des combats le 1er décembre après sept jours de trêve, l'armée pilonne le sud du territoire, faisant de très nombreux morts et blessés dans cette région où des centaines de milliers de civils sont venus se réfugier depuis le début de la guerre, entassés dans des abris de fortune.

Ils sont désormais piégés dans un périmètre de plus en plus réduit à proximité de la frontière fermée avec l'Égypte, sans nulle part où aller, contraints de fuir sur quelques kilomètres pour tenter d'échapper aux bombes.

La ville de Khan Younès bombardée

Ce mardi, l'armée israélienne a annoncé mener des combats au sol dans la ville de Khan Younès. La veille, des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens s'étaient positionnés à l'entrée de la ville. Les militaires avaient largué sur certains quartiers des tracts avertissant de l'imminence d'un bombardement et ordonnant aux habitants d'en partir.

Dans la nuit de lundi à mardi, des témoins ont signalé à l'AFP des frappes aériennes et des tirs d'artillerie autour de la ville, causant de nombreuses victimes. Des scènes de chaos se sont répétées à l'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de la bande de Gaza. Sous les sirènes des ambulances, des blessés étaient transportés sur des civières, allongés dans de simples remorques ou portés par leurs proches, selon des images de l'AFP.

Un nouvel ordre d'évacuation vers le Sud

Les bombardements israéliens ont été précédés "d'un nouvel ordre d'évacuation depuis Khan Younès vers Rafah", près de la frontière égyptienne, "qui a provoqué la panique, la peur et l'anxiété", a déclaré lundi le directeur de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.

L'armée israélienne indique sur X que les combats dans la région ne permettent pas la circulation des civils à travers l'axe Salah al-Din, principale voie de communication entre le nord et le sud de la bande de Gaza, et recommande de circuler sur la route côtière pour rejoindre la zone sud de l'enclave.

L'armée israélienne a demandé aux organisations humanitaires internationales leur "soutien" pour "aider à la mise en place des infrastructures" à Al-Mawasi, zone côtière du sud de la bande de Gaza entre Khan Younès et Rafah, où Israël demande aux civils de se replier.

L'ONU craint "un scénario infernal"

Au total, selon l'UNRWA, plus de 600.000 personnes sont sous ordre d'évacuation à Gaza. "Près de 250.000 sont des habitants du Nord" qui ont déjà été confrontés à une première évacuation, précise l'agence de l'ONU.

"Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre", a averti la Coordinatrice humanitaire de l'ONU pour les Territoires palestiniens, Lynn Hastings.

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a dénoncé les souffrances "intolérables" de la population, lors d'une visite lundi dans la bande de Gaza.

D'après l'ONU, 1,8 million de personnes, sur 2,4 millions d'habitants, ont déjà été déplacées par la guerre dans le territoire palestinien où les frappes ont détruit ou endommagé plus de la moitié des habitations.

Article original publié sur BFMTV.com