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Gaza: Benjamin Netanyahu demande à Tsahal un plan d'"évacuation" des civils de Rafah

Benjamin Netanyahu continue de préparer une offensive d'ampleur sur Rafah. Le Premier ministre israélien a demandé à son armée de lui soumettre un "plan combiné" d'"évacuation" des civils de la ville et de "destruction" du Hamas dans ce dernier refuge des déplacés de la guerre dans la bande de Gaza, ont annoncé vendredi ses services.

"Il est impossible d'atteindre l'objectif de la guerre sans éliminer le Hamas et laisser quatre bataillons du Hamas à Rafah", et cela requiert également que "les civils évacuent les zones de combat", ajoute le cabinet de Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

Washington craint un "désastre"

Environ 1,3 million de Palestiniens, en majorité des déplacés des combats, s'entassent à Rafah. C'est environ la moitié de la population totale de la bande de Gaza, et cinq fois le nombre d'habitants que comptait la ville avant le début de la guerre en octobre dernier.

L'armée israélienne bombardait Rafah ce vendredi après que Washington a averti d'un "désastre" dans la ville et assuré ne pas soutenir une opération "sans une planification sérieuse" concernant les civils sur place.

"Je pense, comme vous savez, que la riposte (...) dans la bande de Gaza, a été excessive", a déclaré le président américain, Joe Biden, dans une rare critique à l'égard d'Israël, proche allié des Etats-Unis.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est aussi dit "alarmé" par une telle opération qui selon lui "aggraverait de façon exponentielle l'actuel cauchemar humanitaire dont les conséquences régionales sont déjà incalculables".

"Un sentiment de panique" à Rafah

Toute offensive d'ampleur de l'armée israélienne à Rafah, dernier refuge des déplacés de la guerre dans la bande de Gaza, aggravera la "tragédie sans fin" qui s'y déroule, a également prévenu vendredi l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) dans le territoire.

La situation est "très inquiétante", avec "une intensification des opérations et des bombardements" qui "se rapprochent", a expliqué Philippe Lazzarini, le chef de l'Unrwa, la principale agence d'aide humanitaire à Gaza, lors d'un point presse à Jérusalem.

"Il y a un sentiment de panique" à Rafah car les Palestiniens massés sur place "ne savent pas du tout où ils pourraient aller" en cas d'offensive sur la ville, déjà régulièrement bombardée depuis quelques jours, note M. Lazzarini.

"Je ne sais pas pendant encore combien de temps nous serons capables de travailler dans un tel environnement à haut risque", a-t-il par ailleurs indiqué, alors que l'Unrwa est dans la tourmente depuis qu'Israël a affirmé il y a quelques semaines que certains de ses membres avaient participé à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre.

Article original publié sur BFMTV.com