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France-Chili: Rothen demande aux Marseillais de ne pas siffler Mbappé au Vélodrome

Le principal intéressé ne semble pas y prêter beaucoup d'importance, pourtant l'accueil réservé ce mardi à Kylian Mbappé sera scruté avec attention au Vélodrome. A quelques jours du Classique entre l'OM et le PSG, le match amical entre la France et le Chili (21h) pourrait valoir à l'attaquant tricolore quelques sifflets de la part de supporteurs phocéens. Une situation inadmissible et incompréhensible pour Jérôme Rothen.

"Cela fait partie du football, c'est vrai mais le problème c'est que là on parle d'un foot de sélection. Et ça fait aussi partie du football, de l'histoire de la sélection en province et dans certains endroits comme à Marseille", a estimé l'ex-milieu des Bleus dans l'émission Rothen s'enflamme sur RMC. "L'habitude fait que tous les matchs sont à Paris en général donc tu passes à autre chose et cette rivalité n'existe pas entre le Paris Saint-Germain et Marseille, ou beaucoup moins lors des matchs de la sélection sur Paris. Mais en province et surtout à Marseille ou dans le sud, c'est souvent le cas."

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"On souffre d'un problème de patriotisme"

Aux yeux de Jérôme Rothen, le plus insupportable est de ne pas faire corps derrière l'équipe de France. L'ex-milieu des Bleus a encore regretté de voir les rivalités entre clubs prendre le dessus sur la sélection et le maillot tricolore, symboles d'unité.

"Moi je trouve ça totalement... je ne vais pas dire scandaleux parce que je l'ai vécu et ce n'est pas parce que j'ai eu du mal à l'accepter avec le maillot de l'équipe de France de me faire siffler à Montpellier et où il y avait pas mal de supporteurs de Marseille à l'époque", s'est également souvenu l'ancien milieu du PSG et de Monaco. "Tu t'y attends mais là on parle du maillot de l'équipe de France. Est-ce que dans d'autres sélections et dans d'autres pays cela se passe comme ça?"

Avant de préciser: "Nous, ça arrive en France parce que, déjà, on a toujours ce problème de patriotisme. On souffre de ça, c'est l'histoire de la France qui est comme ça. Donc il y a un peu moins de fierté chez certains de porter le maillot de l'équipe de France que d'autres peuvent l'avoir par exemple dans les sélections sud-américaines ou même en Italie. Là où je dis que j'ai du mal à l'accepter, c'est parce que ce mardi soir, tu viens supporter l'équipe de France."

Rothen ne comprend pas

Capitaine de l'équipe de France, Kylian Mbappé ne sera probablement pas le seul Parisien à fouler la pelouse du Vélodrome ce mardi. Randal Kolo Muani semble parti pour l'accompagner au coup d'envoi de la rencontre. Ousmane Dembélé ou Lucas Hernandez, pourtant Marseillais de naissance, pourraient donc aussi avoir droit à quelques sifflets. C'est pas loin d'un tiers de l'effectif de Didier Deschamps qui risque d'être chahuté par le public local.

"Donc si tu siffles Kylian Mbappé, tu siffles Kolo Muani, tu siffles Lucas Hernandez, tu siffles Zaïre-Emery, tu siffles Dembélé. En fait tu vas passer ton temps à siffler et donc tu vas jouer contre ta sélection, contre ton pays", a ensuite assuré Jérôme Rothen. "Tu vas pousser l'équipe du Chili à performer parce que tu vas jouer dans un climat hostile. Et c'est ça que je ne comprends pas."

Et le consultant RMC Sport de rappeler que des Parisiens ont aussi contribué au sacre de 2018: "A l'arrivée, que ça soit à Marseille, Paris ou Lyon... quand on a gagné la Coupe du monde 2018, j'ai vu des images à Marseille. Et on a été gagné la Coupe du monde 2018, surtout en finale, aussi grâce à Kylian Mbappé qui était parisien. Pour autant il y a eu des feux d'artifices et les gens ont défilé à Marseille. Tout le pays était heureux. Pourquoi aujourd'hui, sous prétexte que c'est un Parisien qui vient jouer au stade Vélodrome, tu vas le siffler? Moi, je ne comprends pas. Je ne demande pas aux gens de l'ovationner et de lui dérouler le tapis rouge, mais soyez neutres. Au pire soyez neutres. S'il marque un beau but et s'il est très bon, tu as le droit d'applaudir car cela reste un spectacle et tu vas pousser ton équipe. C'est pour ça qu'en sélection j'ai du mal à comprendre les sifflets."

Article original publié sur RMC Sport