"Il faisait son travail": la majorité présidentielle défend Macron sur les Uber files

Le président français Emmanuel Macron dans la cour du palais de l'Elysée à Paris, le 5 juillet 2022 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président français Emmanuel Macron dans la cour du palais de l'Elysée à Paris, le 5 juillet 2022 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Emmanuel Macron est mis en cause par une enquête de plusieurs médias, dont Le Monde, dénonçant un "deal" secret avec Uber quand il était ministre de l'Économie entre 2014 et 2016. Le journal rapporte de très nombreux échanges avec les équipes de la plateforme américaine par le biais de rendez-vous, d'appels ou de SMS dans une période de vive tension avec les chauffeurs de taxis et en plein changement de réglementation dans un secteur jusqu'alors très encadré. Face aux vives attaques de la gauche qui a dénoncé ces liens, la coalition présidentielle défend le président.

• Macron aurait été dans son rôle

Première technique adoptée pour tenter d'éteindre le feu alors que la France insoumise a ouvert la porte à une commission d'enquête par la voix du député Alexis Corbière ce lundi: celle d'un membre de l'exécutif parfaitement à sa place.

"C’est formidable, un pays qui s’offusque qu’un ministre de l’Économie reçoive des chefs d’entreprise. Heureusement qu'il faisait son travail", a répondu sur le ton de l'ironie Aurore Bergé, la présidente du groupe Renaissance (ex-La République en marche) sur CNews ce lundi matin.

Même son de cloche du côté de la députée européenne, Ilana Cicurel. "Un ministre de l'Économie qui rencontre des entreprises, c'est bien", a jugé l'élue sur BFMTV.

L'ancien président de la commission des affaires économiques, Roland Lescure, fait aussi valoir qu'en tant que nouveau "ministre délégué à l'industrie", il rencontrera "des industriels".

• L'arrivée en France d'Uber, une bonne nouvelle économique

Autre angle de défense pour la macronie: la création d'emplois induits par l'arrivée d'Uber en France.

Cédric O, ancien secrétaire d'État au numérique, dit ainsi "peiné à voir ce qui est répréhensible", tout en expliquant que "la question la plus importante est de savoir si oui ou non son implantation a été une bonne chose socialement et économiquement".

Le président de la commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale, Guillaume Kasbarian, adopte, lui, le ton de la moquerie. "Selon l'opposition, l'époque où les taxis n'avaient pas de concurrence était merveilleuse et notre pays n'aurait pas dû ajuster sa réglementation face à l'essor du VTC et du numérique", a réagi le député sur son compte Twitter.

Prisca Thevenot, députée Renaissance argue, elle aussi, du contexte économique pour justifier les nombreux échanges entre Emmanuel Macron et la plateforme américaine.

"Il y avait un engouement de la part des Français par rapport aux VTC. Il y avait aussi de nombreux jeunes qui avaient du mal à trouver un emploi et qui en ont trouvé un. L'enjeu était donc de permettre à ces acteurs de pouvoir s'installer en France en permettant de défendre et d'encadrer les travailleurs", a assuré de son côté la porte-parole du groupe sur BFMTV dimanche soir.

D'après une étude du Boston Consulting group (BCG), commandée par Uber, le groupe serait à l'origine de la création de 20.000 emplois ces dernières années, en France. Ce chiffre n'empêche pas de vives critiques sur le statut d'auto-entrepreneurs des chauffeurs, ne bénéficiant ni du chômage ni d'arrêt maladie.

Preuve cependant que le sujet embarrasse en haut lieu: plusieurs poids lourds du gouvernement ne se sont pas exprimés à l'instar d'Olivier Véran, pourtant porte-parole, Gabriel Attal, désormais ministre délégué des comptes publics ou encore Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.

L’Élysée a pour sa part indiqué à l'AFP qu'Emmanuel Macron, comme ministre de l'Économie, était "naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires".

Article original publié sur BFMTV.com

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