Une étude identifie les trois marqueurs qui rendent le coronavirus plus dangereux

Tests en cours (Illustration Getty Images)

Identifier dès leur prise en charge les patients les plus susceptibles de succomber du Covid-19, pour les traiter en priorité : voilà le résultat d’une étude menée sur les premiers patients atteints à Wuhan, dès le mois de février. Important pour les systèmes de santé sous tension.

Savoir, dix jours à l’avance, si un patient risque de mourir : une information capitale pour les médecins dans la lutte contre le Covid-19. C’est la promesse faite par cette étude chinoise. En étudiant 375 cas résolus (201 guéris, 174 décédés) parmi les premiers identifiés à Wuhan, les scientifiques ont remarqué trois marqueurs biologiques qui, lorsqu’ils sont réunis, sont révélateurs : la présence en quantités importantes d’une protéine et d’une enzyme, et, inversement, le faible taux de globules blancs. Dans 90% des cas, cette réunion est synonyme d’un patient à haut risque. La bonne nouvelle, c’est que “les analyses sont très simples à effectuer dans tous les hôpitaux”, écrivent les chercheurs dans la revue Nature Machine Intelligence. Et ce, dès le début de la pris en charge.

LDH, lymphocytes, CRP

Une présence trop importante de LDH (pour lactate deshydrogénase), une enzyme présent dans quasiment toutes les cellules vivantes du corps humain, est un premier marqueur. De manière générale, cela correspond souvent à une dégradation des tissus, dégradation associée à plusieurs maladies, dont la pneumonie.

Le deuxième marqueur est un niveau trop bas de globules blancs lymphocytes. Ces lymphocytes, qui constituent entre 20 et 40 % de l’ensemble des globules blancs, ont pour rôle principal l’activation de la défense immunitaire. Un niveau trop bas indique donc que le corps n’arrive pas à combattre le virus.

Enfin, le troisième marqueur est une forte quantité de CRP, ou protéine C-réactive, un marqueur de l’inflammation. C’est un signe important pour le pronostic d’une maladie respiratoire. Leur présence souligne un état inflammatoire persistent.

Gérer la vague

La réunion de ces trois marqueurs doit donc être considérée comme particulièrement préoccupante. Mais elle doit aussi permettre une meilleure prise en charge : “dans les hôpitaux surchargés”, écrivent les auteurs de l’étude, “ce simple modèle peut aider à prioriser rapidement les patients, particulièrement pendant une phase de pandémie dans laquelle des ressources hospitalières limitées doivent être réparties.” Soit précisément le fond du problème qui a conduit au confinement, pour éviter que la vague ne submerge les hôpitaux.