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Les escroqueries aux faux coursiers se multiplient depuis plusieurs mois

Les escroqueries dites "au coursier" ont doublé entre 2022 et 2023 en Île-de-France selon la gendarmerie. Le mode opératoire est toujours le même, pour des préjudices importants.

Un mode opératoire toujours identique. Ces derniers mois, les escroqueries dites "au coursier" se multiplient et montent en puissance, principalement à Paris et en banlieue parisienne.

Des escrocs munis de listes de clients de banques sollicitent ceux qui leur paraissent les plus âgés, en fonction de leur prénom, avant de se faire passer pour leur banquier. Ils leur font ensuite croire qu'ils viennent d'être victimes d'un piratage de leurs coordonnées bancaires et leur envoient un coursier (qui n'a rien à voir dans l'escroquerie) afin de récupérer leurs cartes bancaires, munies des codes secrets.

Ils demandent aussi parfois à leurs victimes de rajouter tous leurs biens de valeur (bijoux, lingots, argent liquide…) pour les confier au coursier, qui peut être un simple taxi. Ce dernier se rend ensuite à une adresse avant de remettre l’ensemble des biens, glissés dans un sac, à l'un des escrocs.

150 cas en 2023, en Île-de-France

Des centaines de victimes ont été abusées et de nombreuses équipes d'aigrefins se refilent le tuyau sur des messageries cryptées type Telegram. Coté police pas de chiffre sur le phénomène, car ce type d’arnaque ne fait pas l’objet de statistiques spécifiques. Coté gendarmerie, en Île-de-France, 85 faits ont été enregistrés en 2022 et 150 faits en 2023.

L'une de ces victimes a accepté de s'exprimer auprès de BFMTV. Anne-Marie B, une antiquaire de 79 ans, a été extorquée de 8.000 euros après une arnaque mêlant carte Vitale et imitation d'un conseiller bancaire.

"(L'arnaqueur) m'a convaincue vers 23 heures de descendre alors que j'étais en pyjama pour remettre ma carte à un coursier qui venait de la banque pour la bloquer", se souvient la victime.

Dans ces dossiers, il existe une "chaîne de responsabilité" avec de nombreux complices, comme l'a expliqué l'avocate Me Noémie Saïdi-Cottier:

En général les personnes impliquées sont "des informaticiens, des hackers qui vont récupérer les informations", "ceux qu'on appelle les 'alloteurs' qui appellent et se font passer pour des conseillers" puis "des personnes qui vont récupérer des cartes qu'ils vont utiliser, des receleurs".

Face à cette menace, la consigne des autorités reste inchangée: ne jamais divulguer d'informations personnelles - à l'image des cordonnées bancaires - par téléphone ou message.

Article original publié sur BFMTV.com

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