Ehpad Orpea : les cabinets d'audit confirment des "dysfonctionnements"

Un audit externe confirme des "comportements fautifs" et des "dysfonctionnements" au sein du groupe Orpea, notamment dans son usage des fonds publics.

Le groupe Orpea, dans la tourmente depuis la sortie d'un livre-enquête, a rendu public mercredi les conclusions définitives d'un audit externe confirmant des "comportements fautifs" et des "dysfonctionnements", notamment dans son usage des fonds publics.

"La publication des conclusions de la mission d'évaluation externe s'inscrit dans la démarche de totale transparence" d'Orpea "en réponse aux allégations avancées contre le groupe", indique le président-directeur général Philippe Charrier, cité dans un communiqué.

"S'il montre que certaines de ces allégations ne sont pas avérées, il confirme aussi des dysfonctionnements et des comportements fautifs pour lesquels nous présentons, une nouvelle fois, à toutes nos parties prenantes nos plus sincères excuses".

Les cabinets Grant Thornton et Alvarez & Marsal, mandatés par Orpea en février, ont notamment "confirmé" une "pratique de remises de fin d'année (RFA) avec certains fournisseurs importants de produits financés par les dotations publiques non communiquées aux autorités comme cela est prévu".

Le groupe pointé du doigt dans un livre-enquête

Le livre de Victor Castanet, Les Fossoyeurs, avait accusé Orpea de facturer avec des dotations d'argent publics des prestations à des fournisseurs, qui en restituaient une partie au groupe.

Les audits indépendants ont confirmé également "une pratique" visant à "maximiser la consommation de la dotation attribuée par les autorités aux Ehpad pour les dispositifs médicaux", via "la facturation par un fournisseur de services dont la réalité n'a pas pu être vérifiée", poursuit le communiqué.

Ils ont constaté "l'existence d'excédents dans les dotations reçues des autorités dont le traitement comptable a pu contribuer au résultat du groupe".

Orpea affirme avoir pris des mesures dans "l'objectif d'éradiquer les pratiques identifiées plus haut, lorsqu'elles existaient encore". Grant Thornton et Alvarez & Marsal "ont identifié des rémunérations versées (...) à des tiers apporteurs d'affaires dont les montants très élevés interrogent". Certaines de ces rémunérations "figurent déjà, parmi d'autres opérations, dans la plainte déposée par Orpea le 21 avril 2022 auprès du Procureur de la République de Nanterre", indique le groupe.

Des procédures disciplinaires en cours, selon Orpea

Cette plainte concerne des faits ayant trait à "des partenariats capitalistiques", notamment à l'occasion de rachats à l'étranger, certaines opérations suscitant "des interrogations et ne permett(a)nt pas toujours d'identifier avec évidence leur rationalité économique".

Elle vise aussi "d'autres opérations économiques, en France ou à l'étranger", qui "ont pu avoir pour effet ou pour objet de favoriser indûment des tiers, notamment des salariés et/ou anciens salariés, ou des sociétés dans lesquelles des salariés et/ou anciens salariés du Groupe auraient pu avoir un intérêt".

Assurant que les préjudices subis sont "non significatifs à l'échelle du groupe", Orpea affirme que "des procédures disciplinaires sont en cours" et "des licenciements et des mises à pied ont d'ores et déjà été réalisés".

La publication de ce rapport intervient alors que le siège d'Orpea et ses directions régionales ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de maltraitance des résidents et d'infractions financières.

Article original publié sur BFMTV.com

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