Le duel Louis Aliot/Jordan Bardella est-il risqué pour le RN ?

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VALENTINE CHAPUIS / AFP

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Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Jordan Bardella et Louis Aliot photographiés lors du Congrès du RN à Perpignan en septembre 2021 (illustration).

POLITIQUE - C’est fait. Louis Aliot s’est (enfin) porté candidat à la présidence du Rassemblement national, alors que le parti d’extrême droite se projette (déjà) dans l’après Marine Le Pen. Dans une tribune à L’Opinion, le maire de Perpignan s’est lancé officiellement jeudi 28 juillet, contestant donc la succession que d’aucuns jugent « évidente » en interne, soit un passage de relais à celui qui assure l’intérim depuis la campagne présidentielle : Jordan Bardella. Un fait historique pour cette formation qui n’a connu que deux chefs en cinquante ans d’existence. Deux chefs qui s’appellent Le Pen.

Surtout, c’est la première fois qu’il y a un match pour le fauteuil de patron depuis le duel entre Marine Le Pen et Bruno Gollnisch en 2011, lequel s’était soldé par une victoire écrasante de la fille du fondateur du Front national. Un mano a mano qui tombe au pire moment pour le parti d’extrême droite, puisqu’il pourrait gâcher l’ambiance de son installation au Palais Bourbon, corollaire indispensable de la « normalisation » tant recherchée.

Indissociables du « marinisme »

« Les élections internes sont souvent compliquées car elles peuvent créer des tensions. J’espère que ce ne sera pas le cas et que la compétition se fera sans attaques personnelles », souffle au HuffPost un jeune député RN acquis à Jordan Bardella, conscient que l’enjeu pour le parti est de se montrer capable de dépasser le caporalisme et les batailles intestines dont l’extrême droite est coutumière. Sur le papier, les deux candidats présentent surtout une différence de style, puisque sur le fond, les deux sont indissociables du « marinisme » qui s’est imposé au RN.

Jordan Bardella incarne la nouvelle génération que Marine Le Pen a voulu mettre en avant, en lui confiant notamment la tête de liste lors des dernières élections européennes ainsi que la mission de ferrailler sur les plateaux de télévision, y compris face à des poids lourds du gouvernement. Ce qui lui vaut une énorme cote en interne et un statut de favori.

En face, Louis Aliot joue la carte de l’expérience, en évitant d’apparaître comme un représentant du RN « canal historique ». À titre d’exemple, il a affirmé qu’il ne souhaitait pas voir Jean-Marie Le Pen (dont il fut chef de cabinet) invité au cinquantième anniversaire du parti. Une façon habile de rappeler qu’il fut lui aussi un partisan de la « dédiabolisation » prônée par Marine Le Pen, dont il a été le compagnon.

« Tout dépendra du niveau de violence »

Dans sa tribune à L’Opinion, Louis Aliot prend soin de rappeler qu’il est un « élu enraciné dans la France de la périphérie » après avoir détaillé son parcours professionnel. Ce qui sonne comme une petite pique adressée à Jordan Bardella, qui n’est ni implanté localement – car jamais élu à un scrutin uninominal — et qui est étranger au monde du travail. Un profil qu’il a raté l’occasion d’étoffer, en refusant de se porter candidat aux élections législatives.

De quoi lancer les hostilités entre les deux ? « Tout dépendra du niveau de violence, si violence il y a. Ce qui est certain, c’est que Louis Aliot part de très loin », observe un cadre de Reconquête ! qui a passé plusieurs années au FN puis au RN. « Ce qui va être intéressant, c’est le positionnement des Bilde, Chenu etc. Car va se poser la question des fédés du Nord. Là-bas, ils savent mieux faire que quiconque les histoires de congrès », poursuit notre interlocuteur rompu aux intrigues internes, alors que ni le député du Pas-de-Calais ni celui du Nord ne se sont associés à l’offensive médiatique menée en faveur de Jordan Bardella par la députée RN Laure Lavalette.

Pour l’heure, les protagonistes assurent qu’il n’y aura pas de sang sur les murs. « Le Rassemblement National est un grand parti de gouvernement, mature et démocratique. La candidature de Louis Aliot, maire de Perpignan, permettra un débat sain et respectueux sur l’avenir de notre mouvement », a salué sur Twitter Jordan Bardella après l’annonce faite par son concurrent. Les adhérents devront trancher lors du Congrès qui se tiendra le 5 novembre à Paris. Aux deux adversaires et à leurs soutiens de maintenir cette ambiance cordiale jusqu’à cette date.

À voir également sur Le HuffPost : À l’Assemblée, un député alsacien traité d’« ambassadeur » de l’Allemagne par le RN

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