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Distribution d'aide meurtrière à Gaza: l'armée israélienne affirme qu'elle a tiré sur "plusieurs suspects menaçants"

L'"examen" du drame survenu le 29 février à Gaza au cours duquel, selon les autorités du Hamas, 115 personnes ont été tuées autour d'un convoi d'aide humanitaire, montre que des soldats israéliens ont "tiré précisément sur plusieurs suspects", a affirmé ce vendredi 8 mars l'armée israélienne.

"L'examen mené par le commandement a révélé que les troupes [israéliennes] n'ont pas tiré sur le convoi humanitaire, mais qu'elles ont tiré sur un certain nombre de suspects qui s'approchaient [de soldats israéliens] et présentaient une menace", écrit l'armée dans un communiqué.

Le ministère de la Santé du Hamas palestinien avait accusé l'armée israélienne d'avoir tué une centaine de personnes le 29 février dernier en tirant sur une foule qui se ruait sur des camions d'aide. L'armée israélienne a dans un premier temps reconnu des "tirs limités" et a affirmé que la plupart des victimes étaient mortes dans une "bousculade".

Des tirs sur une foule affamée, selon des témoins

Des témoins ont affirmé que des soldats israéliens avaient tiré sur une foule affamée qui se précipitait vers des camions d'aide humanitaire dans la ville de Gaza, dans le nord. Le bilan est de 115 morts et environ 760 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Selon le porte-parole de l'armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, le convoi de 38 camions entré à Gaza depuis le terminal de Rafah, à la frontière égyptienne, était affrété par des "entreprises privées", sans plus de précisions.

Le chef de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a souligné sur X que "ni l'Unrwa ni aucune autre agence de l'ONU n'avaient été impliquées dans cette distribution".

Une situation humanitaire catastrophique

Depuis des mois, les travailleurs humanitaires mettent en garde contre une situation de plus en plus désespérée pour la population de Gaza. Un responsable de l'OCHA, Jens Laerke, a répété vendredi qu'une famine généralisée était "quasiment inévitable" dans le territoire palestinien.

Selon les estimations de l'ONU, 2,2 millions des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza sont menacés de famine, en particulier dans les zones nord autour de la ville de Gaza.

Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), un peu plus de 2.300 camions humanitaires sont entrés dans la bande de Gaza en février, soit une baisse d'environ 50% par rapport à janvier. Cela représente une moyenne bien inférieure à 100 camions par jour, contre environ 500 qui arrivaient quotidiennement avant la guerre.

Article original publié sur BFMTV.com