Publicité

"Il me déteste": Darmanin accuse le chef des députés LR d'être "dans une obsession personnelle contre lui"

Avant le début de l'examen du projet de loi immigration en session à l'Assemblée nationale ce lundi 11 décembre, le ministre de l'Intérieur accuse Olivier Marleix de porter "une obsession personnelle" à son égard.

L'heure des règlements de comptes? L'examen du projet de loi immigration n'a pas encore commencé, mais à quelques heures du coup d'envoi de ce texte, la tension est palpable. Des coupables sont désignés avant l'heure. Gérald Darmanin, très attendu sur ce qui a tout d'une épreuve à haut risque pour lui, s'en prend ce dimanche à Olivier Marleix, chef des députés Les Républicains, dans Le Parisien.

"Il n'est pas contre le texte, mais dans une obsession personnelle contre moi. Il me déteste, irrationnellement d'ailleurs car je ne le connais pas. Il attaque ce texte parce que c'est moi, pas contre les mesures. C'est le contraire de l'intérêt général pour les Français", lâche le ministre de l'Intérieur.

"Ils porteront une responsabilité énorme"

La partie de ping pong dure depuis des semaines, entre un gouvernement qui doit faire avec une majorité relative à l'Assemblée et un groupe LR dont le soutien semble loin d'être évident.

Jeudi encore, Olivier Marleix dénonçait sur Sud Radio les "régularisations massives que permettra ce texte", dont l'une des mesures consiste à régulariser des travailleurs sans papiers exerçant dans des secteurs en tension, comme la restauration ou le bâtiment.

Le président du parti, Éric Ciotti a ensuite pris le relais ce week-end dans Le Parisien: "Le courage n'est pas au rendez-vous de ce texte", a déclaré le député des Alpes-Maritimes, enjoignant à ce que le projet de loi comprenne la version votée et largement durcie par le Sénat, plutôt que celle adoptée par les députés en commission des lois.

Chacun renvoie la pression à l'autre camp. Comme souvent, Gérald Darmanin ne fait pas dans la finesse:

"Si en janvier prochain, parce que le projet de loi est bloqué, on ne peut pas virer un étranger délinquant criminel qui a mis trois coups de couteau à un gamin dans la rue, ils porteront une responsabilité énorme", dit-il à l'adresse de ses anciens camarades de la rue de Vaugirard.

La motion de rejet? "Une solution assez tentante"

Dans cette partie de poker, LR possède une main qui donne des sueurs froides au patron de la place Beauvau. Ce lundi, ils pourraient se rallier à la motion de rejet préalable présentée par les écologistes, et entraîner le rejet du texte à l'Assemblée.

Dans une telle hypothèse, une seconde lecture pourrait avoir lieu au Sénat, sur la base du texte voté par les sénateurs, avant que le projet de loi ne retourne à l'Assemblée nationale.

L'exécutif pourrait également convoquer une commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés), où la droite est majoritaire, pour définir une nouvelle version du texte. Ou retirer son projet de loi, actant le fait de ne pas avoir de majorité à l'Assemblée nationale. Dans tous les cas, le revers serait plus que significatif.

Bien évidement Olivier Marleix a refusé de jouer cartes sur table au micro de Sud Radio. La motion de rejet préalable? "C'est une solution assez tentante", a glissé l'élu d'Eure-et-Loir, renvoyant néanmoins cette décision à une discussion avec son groupe.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Assemblée: un premier revers pour LR, à l'offensive sur l'immigration