Covid: Le Conseil scientifique s'arrête, pas le suivi de la 7e vague

Le conseil scientifique dédié au covid-19, qui était présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, va cesser ses activités à la fin du mois de juillet 2022. Il sera remplacé par un nouveau comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (photo prise au cours d'une audition au Sénat en juillet 2021). (Photo: Daniel Pier / NurPhoto / Getty Images)

Le conseil scientifique dédié au covid-19, qui était présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, va cesser ses activités à la fin du mois de juillet 2022. Il sera remplacé par un nouveau comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (photo prise au cours d'une audition au Sénat en juillet 2021). (Photo: Daniel Pier / NurPhoto / Getty Images)

CORONAVIRUS - La pandémie n’est pas terminée, mais le Conseil scientifique, lui, a fait son temps. Voilà ce qu’explique l’instance dans un avis rendu le 23 juin dernier et publié ce mardi 5 juillet. Alors que la septième vague de Covid ne cesse de prendre de l’ampleur en France (son pic est attendu fin juillet), portée par les variants BA.4 et BA.5, cette réunion d’une trentaine de spécialistes présidée par Jean-François Delfraissy et qui aura conseillé l’exécutif depuis le début de la crise sanitaire va cesser ses activités.

Restait seulement à savoir qui va suivre l’épidémie et conseiller Emmanuel Macron et ses ministres dans les prochains mois. Jusqu’à lundi, le gouvernement envisageait dans un avant-projet de loi sanitaire de créer un nouveau “comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires” auprès des ministres de la Santé François Braun et de la Recherche Sylvie Retailleau.

Mais cette disposition a disparu du texte présenté lundi en conseil des ministres après que le Conseil d’État a jugé qu’il manquait “une évaluation préalable de l’impact de cette création sur l’organisation de l’expertise sanitaire”. Le gouvernement a néanmoins décidé de se passer de cet avis et de se cantonner à son idée d’origine, comme l’a déclaré le ministre de la Santé au cours d’une audition en commission des lois à l’Assemblée nationale.

“Le Conseil scientifique va disparaître, et l’on va partir vers un comité de vigilance, de surveillance, de veille sur ces risques sanitaires”, a déclaré ce mardi après-midi François Braun.

Fin du conseil scientifique le 31 juillet

Comme précisé dans l’avis du Conseil scientifique, ce nouveau comité est amené à “formuler des recommandations qui seront transmises aux autorités”, écrit l’instance, disant vouloir “mettre fin à ses activités le 31 juillet”. D’ici là, il invite toutefois les deux instances à coopérer au mieux, entre elles et avec les Agences régionales de santé, dans un contexte de propagation de l’épidémie, et alors que les appels à l’injection d’une quatrième dose de vaccin aux personnes âgées et des seniors immunodéprimés sont martelés.

En outre, le Conseil scientifique insiste sur les leçons tirées de la crise et qui devront être mises en œuvre par la nouvelle instance. “Le Conseil scientifique insiste sur l’importance de la multidisciplinarité (il était composé de virologues, épidémiologistes, infectiologues, modélisateurs, mais aussi psychiatre, anthropologue, vétérinaire, ndlr) qui doit demeurer au sein de ce nouveau comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires”, peut-on notamment lire dans l’avis publié ce mardi. Une dimension appuyée à l’Assemblée par François Braun, qui a certes expliqué que la composition du futur comité n’était “pas encore définie”, mais “qui devra intégrer nos collègues vétérinaires et l’ensemble des personnes qui suivent les problématiques de santé globales”.

Dans son avis, le Conseil précise que les futurs avis seront transmis aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, et invite à ce qu’ils continuent à être rendus accessibles au public “dans les meilleurs délais” après transmission aux autorités. “Au regard de son expérience, le Conseil estime que la connaissance la plus large possible du contenu des avis ou recommandations en matière de veille et d’anticipation est d’intérêt général au regard des effets recherchés dans la gestion de l’épidémie auprès de l’ensemble de la population et de ses différentes composantes, publiques et privées, et pas seulement au sein des pouvoirs publics.”

Une septième vague sous surveillance

Par ailleurs, concernant l’avenir de l’épidémie, le Conseil scientifique suggère que des dispositions de veille soient maintenues jusqu’au 31 mars 2023, de manière à ce que les pouvoirs publics soient en capacité de réagir en cas de “rebond au cours de l’automne ou de l’hiver”, surtout si celui-ci était “accompagné de mutations du virus”. Il juge en outre “proportionné” le fait de pouvoir recourir au pass sanitaire à l’arrivée aux frontières de l’Hexagone, en Corse et en Outre-mer, et espère même que le dispositif serait pensé, le cas échéant, au niveau européen.

Enfin, face à cette septième vague dont l’ampleur est probablement sous-estimée du fait d’une “lassitude à la déclaration des différents acteurs”, le Conseil scientifique note que son ampleur est difficile à prévoir. Plusieurs points de vigilance sont toutefois déjà pointés: un niveau élevé “pour la saison” des hospitalisations, une situation à surveiller de près en Martinique et plus généralement aux Antilles, et enfin une mortalité importante chez les plus de 80 ans au Portugal, pays frappé avant la France par la vague en cours.

En attendant de voir l’évolution de la situation, le Conseil scientifique propose par mesure de précaution de réintroduire les gestes barrières, d’améliorer le suivi hospitalier de l’évolution de l’épidémie et donc de pousser au deuxième rappel pour les plus fragiles. Et insiste sur cet éventuel rebond au sortir de l’été, qui doit inciter à la vigilance et au maintien de capacités de réaction rapide.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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