Covid-19 : faut-il vacciner les enfants ?

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Photo d'illustration.

Alors que la rentrée scolaire se profile, les moins de 12 ans ne peuvent pas encore être vaccinés, ce qui alimente les craintes d'une contamination massive chez les plus jeunes.

C'est l'un des arguments de certains manifestants anti-pass sanitaire, qui défilent tous les samedis dans toute la France : s'opposer à une possible vaccination de leurs enfants. Une photo devenue virale, prise fin juillet, cristallise cette crainte.

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Aujourd'hui, seule la vaccination des 12 ans et plus est possible. Un adolescent sur 2, âgé entre 12 et 17 ans, a reçu au moins une dose de vaccin. Mais la question de la vaccination des moins de 12 ans pourrait bien se poser dans les prochains mois.

Des essais en cours sur les moins de 12 ans

Pfizer et Moderna mènent encore des essais cliniques sur les enfants de 6 mois à 12 ans pour évaluer l'efficacité et la potentielle dangerosité de leurs vaccins sur cette tranche d'âge, et leurs conclusions sont attendues cet automne. Ensuite, elles sont transmises aux autorités européennes qui les analyseront et décideront ou non d'autoriser la vaccination de cette tranche d'âge, avant un avis national.

Si l'objectif d'immunité collective semble désormais impossible à atteindre en raison de la plus grande contagiosité du variant Delta, les experts expliquent que vacciner les plus jeunes a tout de même une importance.

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"Un bénéfice individuel, collectif et familial"

Car d'un point de vue épidémique, la vaccination de cette tranche d'âge pourrait être très utile, estiment plusieurs spécialistes. "Si les essais sont concluants, le bénéfice de vacciner les enfants sera à trois niveaux", nous explique le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé globale à l’Université de Genève.

"D'un point de vue collectif, car si le vaccin n'empêche pas la transmission il la réduit tout de même et donc cela limitera les nouveaux cas, mais aussi d'un point de vue familial avec la protection des plus âgés, les grands-parents par exemple, chez qui le vaccin peut être efficace moins longtemps. Enfin, d'un point de vue individuel", prolonge l'épidémiologiste.

Une hausse du nombre de cas chez les enfants

Si les enfants sont très peu sujets à des cas graves, ils représentent moins de 1% des hospitalisations, la plus grande contagiosité du variant Delta les expose davantage, faisant craindre une hausse des cas chez les plus jeunes .

Mathématiquement, une hausse des cas chez les enfants va entraîner une hausse du nombre de cas graves dans cette tranche d'âge, comme cela est observé aux Etats-Unis. 72 000 cas ont été enregistrés chez les enfants et adolescents en une semaine fin juillet, selon une étude de l’Académie américaine de pédiatrie, cinq fois plus que fin juin. Cette animation illustre l'augmentation du nombre d'hospitalisations pédiatriques pour Covid aux Etats-Unis.

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Des conséquences à ne pas négliger

Parmi les conséquences du Covid chez l'enfant, le PIMS (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique), ou encore les cas de Covid long, comme chez l'adulte. Sans oublier les effets indirects comme les fermetures de classe, parfois mal vécues par les enfants.

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"Vacciner les enfants les protégerais contre ces formes graves, qui, si elles sont rares existent tout de même" détaille Antoine Flahault.

"Ce n'est pas exclu" affirme monsieur vaccin

Une équipe de recherche de l’Université d’Oslo en Norvège, avertit que d’ici quelques années la population infantile pourrait bien devenir la plus impactée par le virus. L'idée des chercheurs est qu'au bout d’un certain temps, les enfants constitueraient la seule population n’ayant pas été immunisée contre le virus.

"Ce n’est pas exclu qu’on vaccine les enfants, disons entre 5 et 12 ans, dans quelques mois, mais si l’épidémie est contrôlée et qu’il y a très peu de cas ça ne sera peut-être pas nécessaire", reconnaît Alain Fischer, monsieur "vaccin" du gouvernement, auprès de Sciences et Avenir.

La vaccination pas nécessaire pour aller à l'école

On compte en France un peu moins de 10 millions d'enfants de moins de 12 ans. Plus de 5 000 d'entre eux, qui présentent des facteurs de risque très importants, ont d'ores et déjà été vaccinés.

Si la vaccination des enfants de 12 ans et plus est possible, elle n'est pas obligatoire et le pass sanitaire ne sera pas demandé pour aller à l'école, a tenu à rappeler le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. 

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Mais la vaccination des moins de 12 ans pourrait bien être le débat des prochains mois, alors que la rentrée scolaire fait craindre une flambée du nombre de cas. Une modélisation de l'institut Pasteur fait craindre jusqu'à 50 000 cas positifs par jour à l'occasion de la rentrée scolaire en France.

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