De nombreux enfants souffrent de symptômes neurologiques suite à une maladie post-Covid

Maxime Poul
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Les auteurs de l'étude ont constaté que la majorité des enfants atteints de troubles neurologiques n'étaient pas blancs, reflétant une nouvelle fois la manière disproportionnée avec laquelle la pandémie affecte les minorités ethniques.

Une récente recherche a révélé que de nombreux jeunes patients atteints une syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (MIS-C ou PIMS), reconnu comme un syndrome post-Covid, souffraient de divers symptômes neurologiques en plus de symptômes physiques.

Plusieurs semaines après avoir contracté le Covid-19, de nombreux enfants sont atteints du syndrome inflammatoire multisystémique (MIS-C ou PIMS), que les scientifiques ont longtemps cru être la maladie de Kawasaki au début de la pandémie. Reconnu comme un syndrome post-Covid qui toucherait un enfant sur 5000 environ 4 semaines après avoir été positif au coronavirus, le PIMS se caractérise le plus souvent par des éruptions cutanées, une température pouvant atteindre 40°C, une pression artérielle très basse, des douleurs abdominales ou encore des diarrhées. 

Hallucinations, confusions et troubles de la parole

Désormais, un récent rapport a révélé que de nombreux enfants atteints de ce syndrome développent également des symptômes neurologiques tels que des hallucinations, des confusions, des troubles de la parole ainsi que des problèmes d'équilibre et de coordination. L'étude a été réalisée sur 46 enfants hospitalisés dans un hôpital de Londres et il en est ressorti que 24 d'entre eux présentaient ces symptômes neurologiques qu'ils n'avaient jamais ressentis auparavant, comme le rapporte le New York Times.

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Ces patients sont deux fois plus susceptibles que ceux qui ne présentent pas de symptômes neurologiques d'avoir besoin de ventilateurs parce qu'ils sont "très malades en raison de leur état hyper-inflammatoire systémique", explique le Dr Omar Abdel-Mannan, auteur de l'étude et chercheur à l'Institut de neurologie de l'University College de Londres (UCL). Ces patients sont également deux fois plus susceptibles de nécessiter des médicaments pour renforcer les contractions du cœur, ajoute-t-il. 

Des problèmes "potentiellement mortels"

Pour les 24 enfants du rapport, les troubles neurologiques se sont principalement résorbés au moment où les symptômes physiques ont été traités. L'ensemble d'entre eux avaient des maux de tête, 14 avaient une encéphalopathie, c'est-à-dire une inflammation du cerveau qui implique des confusions ou encore des problèmes de mémoire ou d'attention, et six avaient des hallucinations aussi bien visuelles qu'auditives. Un des patients a également eu des lésions nerveuses périphériques entraînant le symptôme du "pied tombant", nécessitant l'utilisation de béquilles ainsi qu'une recommandation pour une greffe de nerf, a déclaré le Dr Abdel-Mannan. Les chercheurs ont indiqué la majorité des personnes atteintes n'étaient pas blanches, que deux tiers étaient de sexe masculin et que l'âge médian était de 10 ans.

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Le New York Times rappelle que des médecins américains avaient déjà signalé des symptômes neurologiques chez des enfants atteint du PIMS. Une étude publiée le mois dernier dans JAMA Neurology révélait que 126 enfants, parmi les 616 atteints de ce syndrome dans 61 hôpitaux américains, ont connu des problèmes neurologiques, dont 20 avec des problèmes "potentiellement mortels" comme des accidents vasculaires cérébraux ou des encéphalopathies sévères. 

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