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Coupe de France: mais combien rapportent les fameuses "recettes de billetterie"?

La Coupe de France comme bouffée d’oxygène financière. Derrière le charme sportif de confrontations entre équipes de niveau inférieur et habitués de la Ligue 1, les recettes de billetterie sont un enjeu capital pour les plus modestes. Au point de pousser la tentation un peu loin parfois. Le président de Rouen (National), Charles Maarek, a provoqué la colère de ses supporteurs en fixant le prix des places entre 35 et 75 euros pour la réception de Toulouse, dimanche (17h30) en 16es de finale. Il a fait machine arrière jeudi en s’excusant et en baissant les tarifs (finalement entre 15 et 45 euros).

Sans le geste du PSG, Revel "n'aurait pas été bien"

La même polémique avait touché Angoulême (National 2) lors de son 8e tour face à Bordeaux en décembre. C’est aussi le cas pour l'US Orléans, pensionnaire de National, qui assume d’avoir demandé entre 60 et 100 euros pour assister à la rencontre de gala face au PSG ce samedi (20h45) dans un contexte économique très compliqué après avoir été sanctionné d’une rétrogradation à titre conservatoire en National 2 par la DNCG. Surtout que l’USO ne comptera pas, cette fois, sur la générosité de ses prestigieux visiteurs.

La coutume - qui n’a rien d’obligatoire – veut que les clubs professionnels laissent leur part de recette aux clubs amateurs qu’ils affrontent. Paris ne le fera pas cette fois puisque Orléans, malgré deux divisions d’écart, a un statut professionnel. Selon le règlement de la FFF, les deux équipes doivent se partager l'excédent de recette du match une fois les frais d’organisation et la TVA déduits. Pour ce match, la part pour chaque équipe est estimée à 120.000 euros. Ce que touchera Orléans qui espérait le double en cas de geste généreux des Parisiens.

Au tour précédent en revanche, le PSG avait laissé sa part à l’US Revel, équipe de Régional 1 (0-9). Et cela compte énormément dans les finances, comme le confie son président Didier Roques, à RMC Sport. Lui avait pratiqué des prix abordables (entre 20 et 40 euros) pour remplir le stade Pierre-Fabre de Castres (10.000 places) pour une recette totale estimée à 250.000 euros, même s’il attend encore les chiffres exacts.

Mais la somme ne comprend pas les dépenses d’une telle organisation. Une sacrée surprise. "Ce qu’on n’avait pas bien anticipé, c’est le niveau élevé de frais, on n’en revenait pas", confie Didier Roques. "Il y avait en tout 170 stadiers, il y avait 40.000 euros de frais de sécurité. Avec les escortes demandées pour la protection du PSG, on a 66.000 euros de frais entre la gendarmerie et la police, des trucs affolants."

"Même si le stade était plein, ce ne sera pas aussi fabuleux qu’on l’espérait", ajoute-t-il.

Dans ces conditions, obtenir la part de la recette des professionnels est indispensable. "Ah oui sinon, on n’aurait pas été bien", confie-t-il. "Il faut payer les sociétés de sécurité, la police, la gendarmerie, les personnes chargées des soins, la réception d’après-match", énumère-t-il. "Je peux donner une fourchette: il va rester entre 50.000 et 80.000 euros. On espérait plus."

Un précieux coup de pouce pour un club au budget annuel de 240.000 euros, même s’il n’autorise pas à envisager un train de vie beaucoup plus fastueux. "Si on nous avait dit qu’on aurait une prime exceptionnelle de 70.000 ou 80.000 euros, on aurait été fous de joie, donc on ne va pas pleurer", consent le président haut-garonnais.

"C’est bien mais il faut garder la tête froide et ne pas croire qu’on est devenu richissimes, ça va faire un peu de trésorerie mais il faut faire attention", prévient-il toutefois.

En conclusion, Didier Roques se réjouit de la fête, de l’image donnée par son club et des possibles partenariats que cela pourrait amener localement. Mais il nourrit aussi un regret: celui de ne pas avoir été un petit peu plus gourmand. "Si on avait mis 10 euros de plus (par place), le stade aurait quand même été plein et dix euros fois 10.000, ça fait quand même 100.000 euros (supplémentaires)", calcule-t-il. "C’est sans doute une erreur de notre part. Manque d’expérience parce que c’est nouveau pour nous."

Article original publié sur RMC Sport