Coronavirus au Maroc : quelle est la situation ?

Les Marocains sont en confinement et en état d'urgence sanitaire au moins jusqu'au 20 avril afin de freiner la propagation du Covid-19 dans le pays.

Face à l’épidémie de Covid-19 qui prend de l’ampleur de jour en jour dans le pays, le gouvernement marocain a décidé de prendre des mesures drastiques pour freiner sa propagation. Point sur la situation.

Comme l’Algérie, le Maroc subit la propagation du Covid-19 dans le pays depuis le début du mois de mars. Le gouvernement a imposé le confinement de la population et est en état d'urgence sanitaire depuis le 20 mars, au moins jusqu’au 20 avril.

Avec 1113 cas recensés et 71 décès au 5 avril, le Maroc fait face à une augmentation du nombre de malades et, comme dans beaucoup de pays, la situation dans les hôpitaux pourrait être difficile à gérer. En effet, selon un recensement de 2017 de l'OMS le Maroc compte seulement 25 000 médecins soit deux fois moins que ce que recommande l'OMS, qui requiert un médecin pour 650 habitants. C’est pourquoi d’anciens médecins comme des politiques sont appelés à remettre la blouse pour apporter leur aide. Casablanca-Settat est la région la plus touchée du pays avec 207 cas de coronavirus.

Mesures dans le pays

Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé la fermeture des crèches et de toutes les écoles à partir du 16 mars “jusqu'à nouvel ordre”, date où le ministère de l’Intérieur a également ordonné la fermeture des cafés, des bars, des restaurants, des salles de sport ou encore des cinémas. Même les mosquées ont été fermées, même si des personnes se sont tout de même présentées devant les mosquées vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire, pour tenter de prier en groupe malgré l’interdiction.

Les autorités ont par la suite imposé par décret du 20 mars le confinement de la population et déclaré l'état d'urgence sanitaire au moins jusqu’au 20 avril, ce qui a évidemment totalement changé le quotidien des marocains. Depuis ce décret, des blindés de l’armée patrouillent dans les villes pour dissuader les habitants de sortir de chez eux.

Les policiers circulent quant à eux dans véhicules équipés de haut-parleurs et ordonnent les gens de regagner leur domicile. Autorisés à sortir que pour se soigner, aller au travail ou faire des provisions, les citoyens risquent des amendes ou des peines de prison allant de un à trois mois s’ils ne respectent pas ces mesures drastiques.

Une économie au ralenti

De nombreux secteurs et entreprises du pays paient les frais de ce confinement et de cet état d’urgence sanitaire. Le secteur du tourisme est le plus touché avec une baisse de 39% des arrivées et une baisse de 30% des nuitées par rapport à 2019. Pour cette année 2020, le Conseil national du tourisme estime perdre environ 6 millions de touristes et 34 milliards de dirhams (environ 3 milliards d’euros) en termes de chiffre d'affaires. Le chef du gouvernement Saâdeddine El Otmani a annoncé un arrêt des embauches jusqu'à la fin de la crise du coronavirus ainsi qu’un report de promotions dans la fonction publique. Des mesures exceptionnelles qui ne concernent pas les secteurs de la santé et de la sûreté.

Plus de 5000 détenus libérés

Le Roi Mohamed VI a décidé de gracier 5654 détenus afin d’éviter que le coronavirus se propage dans les prisons marocaines, connues pour être surpeuplées. Selon le ministère, les détenus libérés ont été sélectionnés en fonction de “leur âge, leur état de santé, la durée de leur détention et leur bonne conduite”.

Vendredi 3 avril, le Maroc a reçu une cargaison de 100 000 testeurs rapides du coronavirus en provenance de la Corée du Sud, selon plusieurs médias locaux, afin d’entrer en phase de dépistage massif dans tout le royaume.

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