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"Tout me convient, tant qu'ils sont condamnés": Théo réagit aux réquisitions contre les policiers qui l'ont interpellé

Des peines allant jusqu'à trois ans de prison avec sursis ont été requises jeudi contre trois policiers jugés aux assises de Seine-Saint-Denis pour l'interpellation violente en 2017 de Théo Luhaka. Celui-ci affirme que "le plus important" pour lui était que la vérité soit "rétablie".

Il voulait voir la vérité "rétablie". Théo Luhaka, gravement blessé par un policier en 2017, s'est exprimé ce jeudi 18 janvier à l'issue des réquisitions à l'encontre des membres des forces de l'ordre jugés aux assises de Seine-Saint-Denis cette semaine pour cette agression.

Des peines allant de trois mois à trois ans de prison avec sursis ont été requises jeudi contre trois policiers pour l'interpellation violente en 2017 de Théo Luhaka, grièvement blessé à l'anus avec une matraque télescopique. La peine la plus lourde de trois ans de prison avec sursis a été requise à l'encontre du gardien de la paix Marc-Antoine C., auteur du coup de matraque, qui est poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente.

"Je tiens à remercier l'avocat général (et) mes propres avocats qui ont fait une très belle plaidoirie à mon égard et qui ont rétabli la vérité, ce qui pour moi est plus important que toute chose", a déclaré Théo Luhaka à la presse. Ils "ont bien mis en valeur le fait que je n'ai jamais menti dans cette histoire", a-t-il estimé.

"Tout me convient, tant qu'ils sont condamnés"

Lors de ses réquisitions, l'avocat général Loïc Pageot a déclaré que "Théodore Luhaka est une victime ça on ne peut pas le contester. Il y a des vidéos et des expertises médicales". Il a jugé qu'"aucun élément" ne peut attester d'une légitime défense de la part de l'auteur du coup de matraque. Au cours du procès, le fonctionnaire de police avait exprimé sa "compassion" après avoir provoqué la grave blessure mais a estimé son "coup légitime", "enseigné à l'école".

Interrogé jeudi sur les réquisitions de l'avocat général, Théo Luhaka a répondu: "tout me convient, tant qu'ils sont condamnés pour ce qu'ils ont fait".

"Moi, mon travail, c'était d'être là après ce qu'il s'est passé et qu'on dise à tout le monde, ce qu'il s'est passé, c'est la vérité", a-t-il aussi dit.

Une "vie brisée"

"On part sur un contrôle d'identité banal et au bout du compte une vie brisée", a souligné lors de ses réquisitions Loïc Pageot. Le jeune homme noir, âgé de 29 ans, est porteur d'une infirmité depuis son interpellation le 2 février 2017 dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) par les trois fonctionnaires de la brigade spécialisée de terrain (BST).

La scène est filmée par les caméras de la ville et montre les policiers procéder à l'arrestation du jeune homme, alors âgé de 22 ans, qui s'y oppose. Au cours de l'empoignade, Marc-Antoine C. porte un coup avec la pointe de son bâton télescopique de défense (BTD) à travers le caleçon de la victime.

Ce coup d'estoc provoque la rupture de son sphincter (muscle annulaire) avec une plaie de dix centimètres de profondeur. Malgré deux opérations chirurgicales, Théo Luhaka souffre d'incontinence et garde des séquelles irréversibles, selon les experts médicaux. Une enquête administrative de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait conclu à "un usage disproportionné de la force". Le verdict est attendu vendredi.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Affaire Théo: jusqu'à trois ans de prison avec sursis requis contre les policiers