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Affaire Théo: jusqu'à trois ans de prison avec sursis requis contre les trois policiers

Dans le cadre de l'affaire Théo, ce jeune homme gravement blessé à l'anus lors d'une interpellation violente à Aulnay-sous-Bois en 2017, l'avocat général a requis des peines de prison avec sursis pour les trois policiers jugés.

Le procès de l'affaire Théo dans lequel sont jugés trois policiers pour l'interpellation violente de Théo Luahaka à Aulnay-sous-Bois en 2017, lors de laquelle le jeune homme a été grièvement blessés à l'anus avec une matraque téléscopique, est censé se terminer ce vendredi 19 janvier. L'avocat général a émis ses réquisitions ce jeudi.

Des peines allant de trois mois à trois ans de prison avec sursis ont été requises contre les trois policiers. La peine la plus lourde de trois ans de prison avec sursis a été demandée à l'encontre du gardien de la paix Marc-Antoine C., auteur du coup de matraque, qui est poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. Ce gardien de la paix encourt 15 ans de réclusion criminelle.

Pour les deux autres accusés, Jérémie D. et Tony H., poursuivis pour des violences volontaires, l'avocat général a demandé respectivement des peines de six et trois mois de prison avec sursis.

"Un geste volontaire"

Avant d'émettre ses réquisitions, l'avocat général, Loïc Pageot, a déclaré qu'il "fallait tenir compte de la personnalité des auteurs".

"Ni l'un ni l'autre n'ont d'antécédents. Il ne s'agit pas de prononcer la peine la plus forte possible. La peine que je vous demande est celle qui m'apparaît juste. Il faut une condamnation équitable pas une vengeance", a-t-il estimé.

Précédemment, l'avocat général avait assuré que le coup d'estoc (le coup porté avec la pointe de l'arme responsable de la blessure à l'anus, NDLR) n'était pas "de la légitime défense".

"Ce n’est pas parce que le geste est enseigné à l’école de police qu’il est légitime", a-t-il explicité. "Pour que le geste soit légitime, il faut proportionnalité et simultanéité. Il faut que les conditions soient strictement remplies, en l’espèce, elles ne le sont pas".

Loïc Pageot a assuré que le coup reçu par Théo Luhaka est "un geste volontaire" qui ne "peut pas être caractérisé comme un regrettable accident". Et a parlé de "violences gratuites" de la part des autres policiers.

Le verdict du procès est attendu ce vendredi 19 janvier.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Affaire Théo: le policier, qui a porté le coup de matraque, témoigne