Chantage à la sextape à Saint-Etienne: le maire licencie son directeur de cabinet

Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau au siège de l'Assemblée des départements de France à Paris, le 3 juillet 2018 - JACQUES DEMARTHON © 2019 AFP
Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau au siège de l'Assemblée des départements de France à Paris, le 3 juillet 2018 - JACQUES DEMARTHON © 2019 AFP

Gaël Perdriau, le maire LR de Saint-Etienne et président de sa métropole a annoncé ce mardi soir sa décision de "mettre un terme aux fonctions" de son directeur de cabinet impliqué comme lui dans une affaire de chantage politique à la sex-tape, en cours d'enquête judiciaire à Lyon.

Le directeur de cabinet à la mairie et à la métropole, Pierre Gauttieri "a compris les enjeux de cette décision et l'a acceptée", affirme le maire dans un communiqué.

Tous deux ont été placés en garde à vue la semaine dernière dans une affaire de chantage à la vidéo intime qui aurait été exercé contre l'ex-premier adjoint centriste, Gilles Artigues pour le neutraliser politiquement.

"Nous bénéficions la présomption d'innocence"

L'affaire a été lancée fin août par un ancien proche de la municipalité qui a fait des confessions très détaillées au site Mediapart sur ce "barbouzage de moeurs" commandité selon lui par le maire et son entourage.

L'enquête judiciaire ouverte à Lyon après plainte de Gilles Artigues concerne le tournage et l'usage d'une vidéo tournée en janvier 2015 dans laquelle on voit cet ex-député connu pour son engagement catholique et ses positions homophobes, se faire masser par un homme dans une chambre d'hôtel à Paris.

"Pierre Gauttieri, comme moi et comme chacun de nos concitoyens, bénéficie de cette garantie essentielle de la démocratie qu'est la présomption d'innocence", affirme le communiqué du maire qui a jusqu'à présent démenti toute implication dans le chantage.

Gauttieri "bouleversé de honte"

Pierre Gauttieri qui présente le maire comme " un ami" avait travaillé pour Alain Madelin (DL) avant de rejoindre Saint-Etienne.

Il est réputé pour son tempérament colérique, défaut qu'il a publiquement mis en avant lors d'un entretien récent avec la télévision locale TL7 pour justifier des enregistrements audio très embarrassants pour lui. Il avait alors exclu de démissionner, se disant "bouleversé de honte" par les propos menaçants qu'il a tenus lors de deux réunions avec le maire et l'ex-premier adjoint, en 2017 et 2018.

Le départ de cet homme de 54 ans considéré à Saint-Etienne comme l'éminence grise de Gaël Perdriau depuis son élection en 2014, avait été demandé lors d'une réunion des vice-présidents de la métropole la semaine dernière.

Certains demandent aussi "la mise en congé" du maire de ses fonctions électives le temps de l'enquête mais il a fait savoir qu'il comptait rester en place et travaillait "avec détermination".

Article original publié sur BFMTV.com