Caricatures de mollahs iraniens et de Khamenei: Charlie Hebdo persiste et signe malgré les tensions

Caricatures de mollahs iraniens et de Khamenei: Charlie Hebdo persiste et signe malgré les tensions
Une manifestante iranienne dénonce des caricatures du journal Charlie Hebdo le 8 janvier 2023 à Téhéran - ATTA KENARE / AFP
Une manifestante iranienne dénonce des caricatures du journal Charlie Hebdo le 8 janvier 2023 à Téhéran - ATTA KENARE / AFP

Le journal satirique Charlie Hebdo, dont les caricatures des mollahs iraniens et de leur guide suprême Ali Khamenei la semaine dernière ont déclenché une crise diplomatique entre Paris et Téhéran, persiste et signe avec de nouveaux dessins fustigeant le régime islamique.

La Une du numéro à paraître mercredi, qui fait écho à la précédente couverture, met en scène des religieux dans des situations à connotation sexuelle.

À l'intérieur du journal, l'ayatollah Khamenei est croqué à plusieurs reprises en référence aux exécutions de manifestants par pendaison.

"Les mollahs ne sont pas contents" du numéro spécial concocté par le journal à l'occasion du 8e anniversaire de la tuerie qui a décimé sa rédaction, résume son directeur, Riss, dans son édito.

"Les caricatures de leur Guide suprême", publiées à l'issue d'un concours en soutien à la contestation déclenchée en septembre dans le pays, "ne semblent pas les avoir fait beaucoup rire", euphémise-t-il.

Des sanctions en Iran

Les autorités iraniennes ont notamment annoncé jeudi dernier la fermeture de l'Institut français de recherche en Iran (IFRI), affilié au ministère français des Affaires étrangères, jugeant les caricatures "insultantes".

Dimanche, plusieurs dizaines d'Iraniens se sont rassemblés devant l'ambassade de France à Téhéran où ils ont brûlé des drapeaux français en réponse à ces dessins, également condamnés mardi par le Hezbollah, puissant mouvement pro-iranien au Liban.

Le "site commercial de Charlie Hebdo" a en outre été victime de cyberattaques, rappelle Riss, estimant "fort probable" qu'elles "aient été diligentées par l'Iran", bien qu'une enquête soit en cours.

"Une attaque informatique ne fait pas de morts, mais elle donne le ton", ajoute le journaliste.

L'Iran a été secoué par des manifestations après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, 22 ans, auparavant arrêtée par la police des moeurs pour violation présumée du code vestimentaire pour les femmes.

Depuis, 18 personnes ont été condamnées à mort en lien avec la contestation, selon un décompte établi par l'AFP à partir d'annonces officielles. Parmi elles, quatre ont été exécutées, suscitant un tollé international.

Article original publié sur BFMTV.com