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De Bourg-en-Bresse à la NBA, comment Zaccharie Risacher aborde son printemps décisif

Il est souvent décrit comme le successeur de Victor Wembanyama mais Zaccharie Risacher, 18 ans, est un phénomène différent. Moins programmé que la licorne Wemby, le fils de l’ancien international Stéphane Risacher (123 sélections) se développe à son rythme entre discrétion et travail, ses valeurs cardinales.

"Je prends de la distance mais je suis sur les réseaux comme n’importe qui", confie le jeune ailier à propos de la place de numéro 1 dans les prévisions de la draft.

"Je prends les informations qui sont toujours pour moi incertaines car on est à quatre mois de la draft. C’est devant mes yeux mais je suis vite recentré sur ma vie qui est réelle et pas derrière un téléphone. Je regarde d’abord le classement de Betclic Elite, puis d’Euroligue et enfin de NBA. Bilal (Coulibaly) et Victor ont montré la voie pour les joueurs français. C’est très inspirant pour moi", explique-t-il.

Bon sang ne saurait mentir

Des bons gènes, Zaccharie en a, tout comme sa sœur Aïnhoa, 16 ans qui joue à l’ASVEL. Stéphane, le père, a été un grand joueur français dans les années 90, remportant le titre de champion de France en 1997 avec le PSG Racing avant de poursuivre sa carrière en Grèce à l’Olympiakos puis en Espagne à Malaga où est né l’aîné de la famille. Si Stéphane ne mesure que 2m03, ils évoluent au même poste avec des caractéristiques similaires d’ailier athlétique et performant aussi bien en attaque qu’en défense.

"Évidemment, je suis un papa très heureux", confie le vice-champion olympique à Sydney en 2000.

"Qu’il fasse premier, Top 3, Top 5 ou même Top 10... Que les gens se rendent compte de la qualité de Zaccharie et que cela soit unanime, c’est quand même pas mal", sourit le paternel.

Une saison d'agitation médiatique

C’est dans le cocon de la JL Bourg que Zaccharie et sa famille ont choisi de s’installer pour l’année de l’éclosion après trois ans à l’ASVEL. A l’image de Wemby, c’est un autre prospect français qui a choisi de quitter le club de Tony Parker lors la dernière saison avant la draft. Autour de Freddy Fauthoux, le coach de JL Bourg que Risacher avait connu à l’ASVEL quand il était assistant, le calme, le travail, le collectif sont mis en avant.

Pour sa première réelle saison pleine, Zaccharie tourne à 10 points, 3,5 rebonds, 1 passe et 38% à 3 points en seulement 22 minutes. Car le jeune prospect s’inscrit clairement dans un projet collectif ambitieux avec des temps de jeu très répartis entre chaque joueur de l’effectif. Si l’aspect basket se passe bien, il y a aussi l’agitation médiatique et la lumière faite sur le club.

Pour avoir connu l’ascension de Wembanyama avant son départ de l’ASVEL, Freddy Fauthoux concède que ce vécu sert à tout le monde. "Oui, cela aide forcément un petit peu d’avoir fait cette saison avec Victor même s’il avait un rôle moindre par rapport à ce qu’il a eu à Boulogne. Mais on sentait déjà qu’il y avait quelque chose qui se passait autour avec les scouts, les télés américaines qui venaient à la salle. C’était une bonne expérience par rapport à ce qu’est en train de vivre Zaccharie qu’il a lui-même vécu puisqu’il était de temps en temps à l’entraînement avec nous. C’est vraiment bénéfique d’avoir déjà vécu ça".

Un effet Risacher à Bourg?

Depuis plusieurs années, le club de la JL Bourg, est un exemple pour le basket français en matière de développement. Avec sa salle Equinox de 3500 places, un centre de formation attractif, des projets économiques qui dépassent le sportif, la gestion du club bressan est le modèle à suivre dans le basket français.

Installé durablement dans le Top 8 et même cette année dans le Top 4, Bourg arrive à s’inviter à la table des gros poissons du championnat, Monaco, Lyon-Villeurbanne et Paris.

"Zaccharie nous apporte quelque chose du fait de sa présence ici", précise Julien Desbottes, président de la JL Bourg depuis 12 ans.

"C’est complètement nouveau pour nous. Cela fait venir beaucoup de monde en semaine car le week-end, c’était déjà souvent plein ici avant lui. On a beaucoup de scouts et de gens qui s’intéressent au basket. Ce qui m’intéresse, c’est que cela soit la cerise sur le gâteau pour lui car c’est lui qui a pris un risque en quittant l’ASVEL pour nous et qu’on se dise, déjà en mars, que ce pari est gagnant pour lui d’abord. Après on a toujours dit qu’il fallait que sa trajectoire individuelle s’inscrive dans la trajectoire collective et ça notre coach Freddy, a toujours été bon sur le sujet avec le staff et Anthony Brossard, son préparateur individuel", conclut-il.

Un futur duo avec Wembanyama?

Puisqu'il est désormais attendu vers les sommets de la draft, les pires bilans de la NBA auront plus de chance de sélectionner le Français. Aujourd’hui, les quatre cancres de la saison sont les Detroit Pistons, les Washington Wizards de Bilal Coulibaly, les Charlotte Hornets et, bien évidemment, les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama.

Le propriétaire de la franchise texane Peter J. Holt s’est même rendu personnellement à Bourg pour voir Risacher lors d’une visite globale en France en janvier dernier. Le week-end dernier, c’est le vice-président des Chicago Bulls Arturas Karsinovas qui est venu assister à l’opposition entre le Burgien et le Choletais Tidjane Salaün, lui aussi annoncé au premier tour de la draft tout comme le pivot français qui joue en Australie, Alexandre Sarr.

Si le joueur et la famille ont l'interdiction d'avoir de contacts directs avec les franchises, Stéphane, le père, rêve avant tout d'une franchise saine pour que son fils progresse sereinement.

"Le plus important est de continuer à progresser et d’atterrir dans l’équipe qui aura les meilleures intentions pour lui", explique-t-il.

"Des ailiers de 2m07-2m08 qui courent, qui shootent, qui contrent, avec une bonne vision du jeu, qui savent défendre, qui tirent à 3 points, qui pénètrent, c’est quand même assez singulier. Il n’y en a pas partout", argumente l'ancien international.

En attendant la draft, le mercredi 26 juin prochain au Barclays Center à New York, Risacher est concentré sur l’objectif européen dès ce soir puis la fin de saison avec la JL Bourg, troisième de Betclic Elite et outsider pour les playoffs du championnat de France.

Article original publié sur RMC Sport