Au Venezuela, les artistes étrangers remontent sur scène

Alex Cancino

Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir en Colombie, le Venezuela voisin entrouvre ses frontières. Signe de cette détente, le pays dirigé par Nicolás Maduro accueille de nouveau les tournées d’artistes étrangers, salue le quotidien madrilène El País. Les habitants de Caracas pourront bientôt écouter l’Espagnole Ana Torroja, l’Argentin Fito Páez ou le chanteur colombien Juanes. Mais ce dernier ne sera pas bien reçu par tout le monde.

“Ému de revenir à Caracas, au Venezuela, un des premiers pays à avoir soutenu ma carrière, a écrit Juanes sur ses réseaux sociaux. J’ai hâte de vous voir.” L’auteur de La Camisa Negra, grand tube de l’année 2005, n’avait pas mis le pied en terre chaviste depuis 2008. Il ne devrait pas être déçu du voyage.

“Juanes, je vais te dire une chose”, lui a lancé Diosdado Cabello, le premier vice-président du Parti socialiste vénézuélien, considéré comme le numéro 2 du régime.

“Ici, le président est toujours Nicolás Maduro. Celui-là même qui, d’après toi, ne te laissait pas entrer. Tu n’as pas de morale.”

En 2019, Juanes avait participé au grand concert Venezuela Live Aid, organisé à Cúcuta, une ville colombienne collée à la frontière. Alors que le pays était en pleine crise politique, les participants s’étaient réunis pour appuyer l’envoi d’aide humanitaire et dénoncer les conditions de la réélection de Nicolás Maduro.

“Tu viens pour l’argent”

“Tu viens pour l’argent […] après avoir dit que tu ne viendrais pas, après avoir chanté lors d’un concert quand le Venezuela allait être envahi”, a accusé Diosdado Cabello, selon El País. A l’époque, le régime de Maduro redoutait que les États-Unis n’attaquent le pays pour soutenir Juan Guaidó, qui s’était déclaré président par interim. “Ils [les ennemis du chavisme] n’y arriveront pas, ni avec leurs concerts ni avec Juanes”, poursuit l’homme politique.

En 2008, déjà, Juanes avait organisé un autre événement à la frontière afin de régler une crise entre les deux pays. Quelque 100 000 personnes s’étaient réunies pour tenter une conciliation entre les gouvernements de Hugo Chávez et Álvaro Uribe.

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