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Attentat de Paris : ce qu'un ancien jihadiste repenti a dit à l'assaillant en 2020

David Vallat, qui a eu des contacts en 2020 avec l'auteur de l'attaque au couteau, explique sur BFMTV lui avoir conseillé à plusieurs reprises de se défaire de l'idéologie jihadiste. Selon celui qui est devenu auteur, le jeune homme souhaitait sincèrement se repentir, mais n'avait pas les armes pour.

Un jeune homme au profil instable, visiblement tiraillé entre son envie de quitter le jihadisme et son incapacité à se défaire de cette idéologie mortifère. Invité ce lundi matin sur l'antenne de BFMTV, David Vallat, ex-jihadiste et auteur de Terreurs de jeunesse, ouvrage publié aux éditions Calmann-Lévy dans lequel il retrace son parcours et sa repentance, indique avoir eu contact il y a plusieurs années avec Armand R., principal suspect dans l'attaque qui a fait un mort à Paris samedi soir.

Le premier contact entre les deux hommes remonte à 2020, via les réseaux sociaux de David Vallat. "Il apparaît sur mes deux pages, partage des contenus en me demandant mon avis", se rappelle-t-il. L'auteur lui parle alors de sa propre expérience, et de comment il est parvenu à quitter le jihadisme.

"Je lui conseille de se défaire de cette idéologie, de se mettre à la lecture, au travail, de nourrir son identité française plutôt que de s’exposer à des contenus qui ont un impact. Je ne sais pas s’il a suivi mon conseil, mais il était tiraillé, il voulait sortir sans en avoir les moyens", déplore-t-il.

Quelque temps plus tard, nouveau message et un changement d'ambiance dans le ton. "Un jour il m'envoie un message, paniqué, me disant qu’il pense avoir été en lien avec Abdoullakh Anzorov, l’assassin de Samuel Paty. Je lui conseille de se rendre immédiatement auprès de la DGSI pour leur en faire part. Ce qu’il fait."

"Il revient vers moi quelques jours après pour me dire que ça s’était bien passé, qu’il les avait convaincus qu'il n'était radicalisé. Nous nous sommes perdus de vue, et il m’a bloqué sur les réseaux."

Va-et-vient entre deux logiciels

Comme l'a appris BFMTV dimanche, Armand R. se présentait comme un repenti à sa sortie de prison de 2020, disant " ne plus croire en Dieu" et être devenu "anti islamistes radicaux ou non radicaux." Cependant, toujours selon David Vallat, il est extrêmement ardu de connaître la franchise de tels propos.

"Il faut intégrer que les jihadistes européens et donc français sont dotés d’un double logiciel, un logiciel culturel français qui est le leur bien qu’ils le nient, et un logiciel jihadiste. Leur esprit fait le va-et-vient entre les deux. Pour peu qu’un esprit fragile soit dans une espèce dissonance cognitive, le logiciel le plus violent prend le dessus", assure-t-il.

Dans le cas du principal suspect de l'attaque de samedi, en 2020, celui-ci "donnait tous les signes de quelqu’un qui voulait sincèrement sortir de l’idéologie, mais ne s’était pas pour autant dépareillé du logiciel en question."

Article original publié sur BFMTV.com

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