Attaque d'un centre de migrants à Douvres: la police anglaise considère l'incident comme un "acte terroriste"

Attaque d'un centre de migrants à Douvres: la police anglaise considère l'incident comme un "acte terroriste"
Un officier de police monte la garde près d'une maison de Newport, au Pays de Galles, le 20 septembre 2017 (ILLUSTRATION). - Geoff Caddick - AFP
Un officier de police monte la garde près d'une maison de Newport, au Pays de Galles, le 20 septembre 2017 (ILLUSTRATION). - Geoff Caddick - AFP

L'attaque aux engins incendiaires d'un centre d'accueil de migrants survenue à Douvres dans le sud de l'Angleterre dimanche dernier est un "acte terroriste", a annoncé ce samedi la police anti-terroriste britannique en charge de l'enquête.

"Après avoir étudié les preuves collectées jusqu'ici, et alors que des éléments importants indique que la santé mentale (du suspect) est certainement un facteur, je suis convaincu que les actions du suspect ont d'abord été motivées par un extrémisme idéologique, ce qui correspond à la définition d'un acte terroriste", a déclaré Tim Jacques, haut responsable de la police anti-terroriste britannique, cité dans un communiqué.

Dimanche dernier vers 11h20, heure anglaise (12h20 heure française), plusieurs engins incendiaires ont été jetés sur un centre d'accueil de migrants à Douvres. Le suspect était arrivé seul en voiture avant de lancer les engins. Deux agents avaient été légèrement blessés et 700 migrants avaient dû être reconduits temporairement vers un autre site.

Près de 40.000 migrants ont traversé la Manche en 2022

Cette attaque s'est produite au moment où le Royaume-Uni enregistre un record d'arrivées de migrants sur les côtes sud du pays à bord de petites embarcations, avec près de 40.000 personnes ayant déjà réussi la périlleuse traversée de la Manche depuis le début de l'année, largement plus que sur l'ensemble de l'année 2021.

Le suspect, Andrew Leak, un homme de 66 ans vivant à High Wycombe, au nord-ouest de Londres, avait été retrouvé mort dans sa voiture peu après l'attaque. Selon la presse britannique, il aurait mis fin à ses jours, ce que les autorités n'ont pas encore officiellement confirmé.

Les éléments de l'enquête collectés jusqu'ici "suggèrent qu'il y avait une motivation d'extrême droite derrière cette attaque", explique la police anti-terroriste dans son communiqué.

"Il n'y a pour l'instant rien qui suggère que l'homme impliqué ait oeuvré avec d'autres personnes et rien ne suggère l'existence d'une menace plus large pour le moment" précise encore la police.

Des actes d'auteurs isolés

La députée de l'opposition travailliste en charge des questions de sécurité Yvette Cooper a qualifié sur Twitter de "très grave" que cette attaque ait pour origine des motivations d'extrême droite, et a appelé à "la plus haute vigilance sur de potentielles attaques terroristes ou extrémistes".

Un rapport parlementaire publié en juillet dernier indiquait que le nombre d'attaques terroristes provenant de l'extrême-droite "n'a pas significativement augmenté ces dernières années, même s'il y a eu un certain nombre de cas et des condamnations" de personnes ayant commis ou planifié des attaques.

La menace vient de plus en plus d'auteurs isolés, selon les experts cités dans le rapport, qui mentionne notamment l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox en juin 2016 par le militant d'extrême-droite Thomas Mair, ou l'attaque d'un véhicule contre une mosquée à Londres en juin 2017.

Article original publié sur BFMTV.com