Des astronomes ont découvert le trou noir le plus proche de la Terre

Artwork of a black hole. A black hole is a region of spacetime where the gravity is so powerful that not even light can escape them. They are created when massive stars die. This one is surrounded by an accretion disc of material, the light from which is warped by the strong gravity. Both the front of the disc and the portion behind the black hole are visible, as well as the underside of the disc (arc at top), whose light has been bent over the hole towards the viewer.
MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRA / Getty Images/Science Photo Libra Artwork of a black hole. A black hole is a region of spacetime where the gravity is so powerful that not even light can escape them. They are created when massive stars die. This one is surrounded by an accretion disc of material, the light from which is warped by the strong gravity. Both the front of the disc and the portion behind the black hole are visible, as well as the underside of the disc (arc at top), whose light has been bent over the hole towards the viewer.

ESPACE - Une découverte palpitante et un brin effrayante. Vendredi 4 novembre, des astronomes ont annoncé avoir découvert un nouveau trou noir de masse stellaire, connu désormais comme étant le plus proche de notre planète. Comme le rapporte le New York Times, cet objet céleste est « une coquille de vide béant 10 fois plus massive que le soleil, en orbite aussi loin de sa propre étoile que la Terre l’est de la nôtre ».

Si le dernier trou noir connu comme étant le plus proche se trouvait à 3000 années-lumière, dans la constellation de Monoceros, ce nouvel objet se trouve lui dans la constellation d’Ophiuchus, à presque moitié moins de distance : 1600 années-lumière de nous.

En plus d’être proche de la terre, ce trou noir a une autre particularité : il est à l’état dormant. En effet, il n’attire pas vers lui son étoile et n’aspire pas ce qui se trouve à proximité de lui. En juillet dernier, un tel trou noir a été identifié dans le nuage de Magellan, une galaxie naine à proximité de la Voie lactée, après six années d’observation avec le Très grand Télescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO) au Chili.

Comment détecter l’invisible

Les trous noirs de masse stellaire - incomparablement plus petits que leurs grands frères supermassifs - sont des étoiles massives (entre 5 et 50 fois la masse du Soleil) en fin de vie, qui s’effondrent sur elles-mêmes. Ces objets sont si denses et leur force de gravité si puissante que même la lumière ne peut s’en échapper : ils sont donc par définition invisibles. Les scientifiques peuvent néanmoins observer la matière qui circule autour, avant d’y être avalée.... sauf quand le trou noir « sommeille », à la diète.

Mais comment savoir qu’un tel objet existe ? « Imaginez un couple de danseurs se tenant par la main, que vous observez dans le noir. L’un a un costume noir, l’autre un costume lumineux : vous ne voyez que la danse du second, pourtant vous savez qu’il a un partenaire de danse, grâce à l’étude du mouvement », expliquait en juillet à l’AFP Hugues Sana, de l’Université de Louvain (KU Leuven), en Belgique.

De fait, Kareem el-Badry, astrophysicien au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, a trouvé ce trou nouveau noir en examinant les données du vaisseau spatial GAIA de l’Agence spatiale européenne. Comme l’explique le New York Times, Le scientifique et son équipe ont détecté une étoile, pratiquement identique à notre soleil, qui vibrait étrangement, comme sous l’influence gravitationnelle d’un compagnon invisible. Pour approfondir leurs recherches, les chercheurs ont réquisitionné le télescope Gemini North au sommet du Mauna Kea à Hawaï.

Selon de récentes modélisations, environ 2 % des étoiles massives de notre galaxie sont susceptibles d’avoir un trou noir autour, soit environ 100 millions, selon Hugues Sana. « Pour l’heure on en connaît seulement une dizaine, tous détectés grâce à leurs émissions de rayons X, donc il nous en manque ! »

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