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Assurance chômage : quels sont les pays les plus généreux en Europe ?

Alors qu'un nouveau coup de rabot de le part du gouvernement est redouté, tour d’horizon des différentes pratiques en Europe.

Assurance chômage : où se situe la France par rapport aux autres pays d’Europe ? (Crédit : Getty Images)

Un nouveau tour de vis attendu pour l’assurance-chômage. Après un durcissement des règles d’indemnisation en 2021 et 2023, le gouvernement de Gabriel Attal entend bien poursuivre sur cette voie pour avoir "un modèle social qui incite davantage à l'activité". "On est passé de 24 mois à 18 mois de durée d'indemnisation, on peut encore la réduire. On peut aussi accentuer la dégressivité des allocations, cela fera partie des discussions", a récemment affirmé le Premier ministre au JDD. Cette énième déclaration sur l’assurance-chômage en France donne l’occasion de regarder ce qui se fait ailleurs en Europe à la fois sur la durée et le montant de l’indemnisation. Alors, les chômeurs sont-ils mieux lotis chez nos voisins ?

90% du salaire au Danemark

D’après les chiffres de l’Unedic en 2023 rapportés par Statista, la France ne se montre pas très généreuse de prime abord sur le volet financier. Chez nous, un demandeur d'emploi ayant cotisé suffisamment perçoit dans la majorité des cas 57% de son salaire brut. C’est largement inférieur à la moyenne européenne. L’allocation s’élève à 65% du salaire brut au Portugal et en Belgique, 67% en Allemagne selon les cas, 70% en Espagne et 75% en Italie et aux Pays-Bas. Au Danemark, elle grimpe même à 90% du salaire pour les chômeurs.

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Si le système français peut sembler moins avantageux pour les allocataires, il convient quand même de nuancer. Au Danemark, le montant du chômage atteint 90% mais sur un plafond limité à 2 600 €. Dans l’Hexagone, France Travail verse des allocations à 57% d’un salaire jusqu’à 8 300 €. Pour les hauts revenus qui tombent au chômage, la chute est donc moins rude en France. Autre élément qui permet de nuancer l’apparente avarice française sur le pourcentage : la dégressivité des indemnités. Certains pays qui affichent des taux élevés dans les premiers mois baissent progressivement le montant de l’allocation. En France, la dégressivité a été instaurée depuis le 1er décembre 2021 mais seulement pour les plus hauts revenus (plus de 4 858€ de salaire brut mensuel) à compter du septième mois. D'autres pays ont fait le choix d'une allocation dégressive pour tous les demandeurs d'emploi comme l'Espagne avec 70% du salaire de référence pendant les 180 premiers jours et 50% à partir du 181e jour. Chez nos voisins belges, le taux est ramené de 65 à 60% au bout de trois mois. Il peut descendre à 55% au bout d'une année d'inactivité.

Au Royaume-Uni et en Irlande, le calcul se fait différemment. "Il s'agit d'un forfait qui peut monter jusqu'à 880 euros par mois en Irlande et jusqu'à 380 euros mensuels au Royaume-Uni. Le régime britannique apparait ainsi comme le moins généreux pour le montant de l'assurance chômage", relève Statista.

En Italie, trois mois suffisent pour ouvrir ses droits

En forçant un peu le trait, on peut dire qu’il existe autant de pays que de systèmes d’assurance chômage. Le temps de travail minimum pour ouvrir ses droits au chômage diffère selon les 15 États analysés par l'Unedic. Il faut avoir travaillé au minimum six mois pour bénéficier de son ARE (Allocation d’aide de retour à l’emploi) en France comme aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suède et en Finlande. Les droits s'ouvrent à compter de 12 mois en Espagne, en Allemagne, en Suisse et au Portugal. "En revanche, en Angleterre, en Norvège ou au Danemark, c’est un montant minimum de salaire perçu qui est exigé pour permettre l’ouverture d’un droit à l’indemnisation", note l’Unedic.

En Italie, le système permet l’ouverture des droits à des allocations dès… 3 mois travaillés au cours des 48 derniers mois. Un dispositif généreux et une exception sur le continent. Dans l'écrasante majorité des cas, la durée d’indemnisation oscille entre 6 et 24 mois selon la situation des demandeurs d’emploi. En Belgique, sa durée est "en principe illimitée" même si le "montant de l’allocation diminue progressivement en fonction de la durée du chômage" et du passé du salarié.

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