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Assurance chômage : qu’est-ce que les chômeurs ont perdu depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir ?

En marge du Salon de l’Agriculture, le Premier ministre Gabriel Attal a affirmé être favorable “à rouvrir le chantier” de l’assurance-chômage.

Depuis qu'Emmanuel Macron est président, le chômage a connu plusieurs réformes (crédit : afp)
Depuis qu'Emmanuel Macron est président, le chômage a connu plusieurs réformes (crédit : afp)

Une nouvelle réforme en vue sur le chômage ? Le Premier ministre Gabriel Attal s’y est dit favorable mardi 27 février. "Les partenaires sociaux sont en négociation jusqu'à fin mars. Donc on fera le point dans les prochaines semaines. Moi, je suis favorable à ce qu'on puisse avancer sur cette question", a-t-il affirmé sur RTL.

“Le gouvernement cherche des économies à tout bout de champ et particulièrement sur les chômeurs, a commenté sur RMC Denis Gravouil, membre de la CGT en charge de l’assurance chômage. Depuis qu'Emmanuel Macron est là, il y a des réformes d'assurance chômage tous les ans. C'est sa cible préférée." Quelles ont été les grandes réformes d’Emmanuel Macron depuis son élection en mai 2017 ?

2019, le grand chantier

La réforme de l'assurance-chômage, décidée en juillet 2019, a été plusieurs fois décalée et réaménagée après la crise sanitaire de 2020. La version finale, adoucie à la suite de la crise, n’en a pas pour autant été moins largement rejetée par les syndicats. Elle est entrée en vigueur progressivement dès le 1er juillet 2021. Parmi les principales mesures :

  • Le changement dans le calcul de l'indemnisation : le salaire journalier de référence (SJR) est désormais calculé sur un revenu moyen mensuel prenant en compte les jours travaillés et les périodes d'inactivité sur les 12 derniers mois, et non plus uniquement sur les jours travaillés. Les contrats courts et fractionnés sont les plus pénalisés par ce point. Après une décision du Conseil d’État, le gouvernement a introduit un plancher garantissant une allocation minimale (une baisse maximale du SJR de 43% par rapport à l'ancien calcul).

  • La durée minimale de travail pour l’ouverture ou le rechargement des droits est portée à six mois sur les 24 derniers mois.

  • Un système de bonus-malus pour les entreprises pour les inciter à proposer plus de contrats à durée indéterminée et des contrats à durée déterminée plus longs dans sept secteurs.

  • La dégressivité de 30% de l’allocation chômage pour les plus hauts revenus (4800 euros bruts par mois) de moins de 57 ans à compter du 7e mois d’indemnisation.

2023, une durée d'indemnisation encore réduite

La dernière réforme de l'allocation chômage en date du 21 février 2023 a diminué la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi, passant de 24 à 18 mois, dans les périodes où le taux de chômage est inférieur à 9%. Un rapport de l’INSEE établit le taux de chômage à 7,3% en France métropolitaine au 4e trimestre 2023. Le marché du travail étant jugé "favorable", la durée d'indemnisation maximale est donc de 18 mois actuellement.

Pour répondre à l’objectif d’Emmanuel Macron d’atteindre le plein emploi (5% de chômage) d’ici 2027, plusieurs pistes sont sur la table. Dans Le Journal du Dimanche du 25 février, Gabriel Attal a précisé ce qui était à l’étude : une durée d'indemnisation qui "peut encore" être réduite et une "dégressivité des allocations".

Les seniors sont notamment dans la ligne de mire du gouvernement. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé à plusieurs reprises vouloir diminuer la durée de versement des allocations des plus de 55 ans qui peut aller jusqu’à 27 mois aujourd'hui. En attendant la fin des négociations avec les partenaires sociaux, les règles resteront telles quelles jusqu’au 30 juin 2024, comme le prévoit un décret.

VIDÉO - Baisse des droits au chômage, formation… Les pistes déjà sur la table pour doper l’emploi des seniors