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Après sa relaxe, l'avenir politique de François Bayrou s'éclaircit

Une excellente nouvelle pour le centriste. Accusé de détournement de fonds publics européen, le patron du MoDem François Bayrou a été relaxé par la justice. De quoi assurer un éventuel avenir politique à celui qui continue d'avoir de grandes ambitions, à quelques heures de nouvelles nominations au gouvernement.

Plutôt discret ces derniers mois, l'ex-candidat à la présidentielle a fait son retour sur l'éventuelle feuille de match de l'exécutif pour devenir ministre de l'Éducation nationale. Si tel était le scénario retenu, il remplacerait ainsi Amélie Oudéa-Castéra, en grande difficulté depuis son arrivée de rue de Grenelle, dans une maison qu'il connaît bien pour en avoir été à la tête de 1993 à 1997.

Toujours dans le giron de la macronie

Cette décision de justice est d'autant plus symbolique qu'en 2017, à peine entré au gouvernement comme garde des Sceaux, il avait dû quitter la place Vendôme après l'ouverture d'une enquête le visant.

D'autres ministres MoDem aux postes prestigieux comme Sylvie Goulard à La Défense ou l'une de ses très proches Marielle de Sarnez avaient dû quitter le gouvernement.

Manifestement soucieux de garder à ses côtés l'un des rares poids lourds politiques de la macronie, le chef de l'État lui avait offert le poste de Haut-commissaire au plan en 2020.

"Une cible" politique

Depuis, le maire de Pau joue la carte du chaud et du froid. Tantôt grand soutien du Président, tantôt prenant ses distances comme lors du vote de la loi immigration, François Bayrou n'a récemment guère goûté l'arrivée de Gabriel Attal à Matignon.

Si le centriste a assuré à la sortie du tribunal de Paris qu'après "une telle épreuve", "ce n'est pas la politique qui compte", il a manifestement été soucieux de faire valoir sa propre analyse.

"Jamais je n'ai commis ce dont on m'accusait", a avancé l'ex-candidat à la présidentielle, assurant avoir été "la cible dans toute cette affaire".

"Le centre, un courant politique qui gagnera" en 2027

Les juges ont expliqué, eux, qu"'il est probable que les actes commis aient été réalisés avec autorisation de François Bayrou" mais qu'il "n'est pas apporté de preuve" par le parquet.

Ce dernier peut d'ailleurs faire appel dans les dix jours de la relaxe de François Bayrou. Dans ce cas, il pourrait affronter un nouveau procès.

En attendant, le centriste peut sur le papier regarder vers 2027 avec sérénité. Après deux candidatures à la présidentielle en 2007 et en 2012, le maire de Pau s'était retiré de la course à l'Élysée pour le bénéfice d'Emmanuel Macron à deux reprises.

Mais depuis plusieurs mois, le président du MoDem envoie des cartes postales, manifestant son envie de se lancer à nouveau. "Le centre est le courant politique qui gagnera", a assuré auprès du Parisien en septembre celui qui aura 76 ans lors de la future élection présidentielle.

"Des présidents du même âge"

La déclaration, effectuée quelques jours à peine après la rentrée politique de Gérald Darmanin, n'était pas passée inaperçue. Quelques mois plus tôt, François Bayrou avait même indiqué "ne pas écarter" l'éventualité d'une nouvelle candidature à la présidentielle sur le plateau de BFMTV.

"Aujourd'hui si vous regardez tous les pays du monde sans quasiment aucune exception, tous ont des présidents de la République du même âge ou plus âgés que moi", a vait même souligné tout sourire François Bayrou, donnant l'exemple de Lula, 78 ans, récemment réélu au Brésil.

Article original publié sur BFMTV.com