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5 choses à savoir sur le GNR, au coeur des revendications des agriculteurs

En colère, les agriculteurs ne digèrent pas la fin de l’avantage fiscal sur le GNR (gazole non routier) depuis le 1er janvier 2024. Explications.

5 choses à savoir sur le GNR, au coeur des revendications des agriculteurs (Crédit : DAMIEN MEYER / AFP)

Depuis une semaine, les agriculteurs manifestent leur colère partout en France. Touché de plein fouet par l’inflation, le monde agricole dénonce le poids des normes et des revenus insuffisants. En déplacement dans une exploitation de Haute-Garonne ce vendredi 26 janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé plusieurs mesures dont la fin de la hausse de la taxe sur le GNR.

1 - Une obligation depuis 2011

GNR. Cet acronyme a été l’un des éléments déclencheurs de la gronde des agriculteurs. Obligatoire depuis novembre 2011 pour faire rouler les tracteurs, le gazole non routier est un carburant moins polluant que le fioul de par sa composition et aussi moins nocif pour le moteur. Ce carburant est facilement identifiable grâce à sa couleur rouge, un marqueur spécial pour pouvoir le différencier du gazole traditionnel et éviter les fraudes. C'est l'origine même de l'expression "rouler au rouge". Rouler au GNR est bien sûr interdit en France pour les particuliers. Sa faible taxation par rapport au carburant "classique" invite à la tentation pour les automobilistes.

2 - Une hausse annoncée par Bruno Le Maire

Parmi les nombreuses revendications des agriculteurs, qui manifestent et bloquent des routes depuis une semaine, la suppression de cette niche fiscale sur le GNR a beaucoup cristallisé les colères.

Cette décision annoncée le 7 septembre dernier sur Franceinfo correspondait à une volonté du gouvernement d'augmenter les recettes fiscales en lien avec l'écologie "pour faire basculer notre fiscalité brune, qui incite à consommer des énergies fossiles, vers une fiscalité qui valorise les investissements verts", expliquait Bruno Le Maire à l'époque. Près de cinq mois plus tard, l'exécutif a entendu la colère et a reculé face à la crise.

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3 - Beaucoup d’agriculteurs ne récupèrent pas leur dû

Depuis le 1er janvier 2024, le GNR est taxé 24,81 centimes d'euro par litre. En réalité, les agriculteurs ne paient que 6,71 centimes par litre. C’est 2,85 centimes de plus par rapport à 2023. Au vu du nombre de kilomètres avalés chaque année par les professionnels, ce surplus de près de 3 centimes pourrait être la goutte de trop pour de nombreuses exploitations agricoles. Or, pour récupérer l’argent, ils doivent faire une déclaration auprès de l’administration, accompagnée des factures, souvent en fin d’année. Une tâche administrative occultée par beaucoup d’agriculteurs. Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, estime que 35% des remboursements ne sont pas demandés, dans des propos relayés par La Dépêche du Midi.

4 - Le GNR remboursé plus vite ?

Une simplification des démarches est à l’étude. Aujourd’hui, les agriculteurs ne peuvent pas percevoir le remboursement sur le GNR immédiatement. Pour les exploitants, c’est autant de trésorerie qui fait défaut pour vivre décemment de leur travail. Pour résoudre ce problème, le gouvernement regarde s’il est possible de rembourser une majeure partie de la somme dans un délai beaucoup plus court. Dans un souci de simplification, le Premier ministre a assuré vouloir "supprimer massivement" des normes ce vendredi 26 janvier.

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5 - Les automobilistes ont été tentés au coeur de l’inflation

Au coeur de l’actualité en ce début d’année 2024, le GNR l’a aussi été il y a près de deux ans au moment de la guerre déclenchée par la Russe en Ukraine. À cette époque, l’augmentation spectaculaire du prix à la pompe pousse certains automobilistes à trouver des alternatives. Certains ont ainsi été tentés de "rouler au rouge" et ainsi profiter d’un tarif beaucoup plus avantageux.

Si cette pratique est très dangereuse - surtout pour les véhicules neufs - elle est aussi illégale. En plus de la confiscation du véhicule, vous risquez aussi une lourde amende sur la base du "nombre de kilomètres parcourus depuis l’acquisition du véhicule, multiplié par sa consommation moyenne et par la différence de prix entre le GNR et l’essence/diesel", indique TotalEnergies. Les fraudeurs encourent aussi une peine de prison pouvant aller jusqu’à 3 ans.

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