Les États-Unis lancent un nouveau programme pour parrainer des réfugiés

Internally displaced people (IDP) sell charcoal in Kibati north of the city of Goma in eastern Democratic Republic of Congo on January 13, 2023. - After the resurgence of the M23 rebellion north of Goma city, tens of thousands of people have crowded into makeshift camps in the Nyiragongo. They are struggling to find enough food for their families, so they turned to charcoal production. In less than two months, more than 200 hectares of trees were cut down. The forest of the Nyiragongo volcano will soon be nothing but stumps. (Photo by Guerchom Ndebo / AFP)

L’objectif de Washington est de mobiliser jusqu’à 10 000 Américains pour accueillir environ 5 000 réfugiés.

ÉTATS-UNIS - C’est une première aux États-Unis : un citoyen américain pourra désormais directement parrainer l’accueil d’un réfugié, sans passer par une association ou des ONG.

Washington a en effet annoncé le lancement d’un nouveau programme d’accueil de réfugiés, incitant chaque Américain à en parrainer afin d’augmenter le nombre extrêmement bas d’admissions dans le pays.

« Le Welcome Corps représente la plus grande innovation en matière d’accueil de réfugiés au cours des quatre dernières décennies », a affirmé le secrétaire d’État Antony Blinken dans un communiqué.

Au cours de la première année, l’objectif est de mobiliser jusqu’à 10 000 Américains pour accueillir environ 5 000 réfugiés, a-t-il dit.

Tout Américain ou dans un premier temps par groupe de 5, voulant parrainer un réfugié devra passer des contrôles de sécurité poussés et apporter la preuve de ses capacités de financement.

Aucune incitation financière n’est prévue pour ces sponsors qui devront démontrer qu’ils ont à leur disposition 2 275 dollars par réfugié pendant trois mois pour l’achat d’habits et autres nécessités de base.

Le président Joe Biden a fixé à 125 000 le nombre de réfugiés que les États-Unis sont autorisés à accueillir chaque année fiscale (d’octobre à octobre), rompant avec les coupes opérées par l’ancien président Donald Trump.

Mais les États-Unis sont loin du compte. Au cours des trois premiers mois de l’année fiscale 2023, seuls 6 750 réfugiés ont été admis à s’installer aux États-Unis, pays bâti sur l’immigration, selon des chiffres du département d’État.

Tous les pays du monde concernés

Le projet pilote ouvert aux réfugiés « du monde entier » s’inspire de programmes similaires au Canada et élargit ceux déjà mis en place à titre temporaire en faveur de réfugiés afghans, ukrainiens, vénézuéliens, nicaraguayens ou encore cubains, a affirmé un haut diplomate sous couvert d’anonymat.

« La différence ici est que le programme s’appliquera pour les réfugiés provenant de tous les pays dans le monde et vise à leur installation permanente aux États-Unis », a précisé le responsable.

Des associations de réfugiés et diverses ONG ont salué l’initiative, elles qui critiquent depuis des années le nombre extrêmement bas de réfugiés admis chaque année, citant en particulier les lenteurs administratives.

« L’administration Biden se doit de rationaliser le processus d’admissions de réfugiés et d’en faire une priorité, alors que le chiffre d’admissions reste de façon regrettable très bas cette année fiscale », a affirmé Krish O’Mara Vignarajah, qui dirige l’ONG Lutheran Immigration and Refugee Service.

Le nombre de réfugiés et de personnes déplacées internes dans le monde n’a eu de cesse d’augmenter, pour franchir en milieu d’année 2022 la barre des 100 millions, selon l’ONU.

Parlant devant la presse jeudi, la plus haute responsable chargée des affaires migratoires au département d’État, Julieta Valls Noyes, elle-même fille de réfugiés arrivés aux États-Unis, a reconnu le retard pris dans ce domaine par les États-Unis.

Mais, a-t-elle dit, les autorités américaines ont déjà accompli 20 000 entretiens à l’étranger et « nous nous attendons à ce que ces personnes commencent à arriver dans les mois qui viennent ».

Elle a encore fait valoir qu’« en entrant aux États-Unis les réfugiés étaient les personnes faisant l’objet des vérifications les plus poussées » et que Washington s’efforçait malgré tout de combler les arriérés d’admission.

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