Élections au Danemark : Mette Frederiksen, la Première ministre, l’emporte sur le fil

La Première ministre du Danemark et chef du Parti social-démocrate, Mette Frederiksen, fait des gestes alors qu’elle prononce un discours lors de la soirée électorale du Parti social-démocrate au château de Christiansborg à Copenhague, le 1er novembre 2022, dans le cadre des élections générales au Danemark. - Les sondages d’opinion avaient prédit une élection historiquement faible pour les sociaux-démocrates, mais ils ont plutôt gagné deux sièges par rapport à l’élection de 2019, remportant 27,5 % des voix. (Photo : Martin Sylvest / Ritzau Scanpix / AFP) / Danemark OUT
MARTIN SYLVEST / AFP La Première ministre du Danemark et chef du Parti social-démocrate, Mette Frederiksen, fait des gestes alors qu’elle prononce un discours lors de la soirée électorale du Parti social-démocrate au château de Christiansborg à Copenhague, le 1er novembre 2022, dans le cadre des élections générales au Danemark. - Les sondages d’opinion avaient prédit une élection historiquement faible pour les sociaux-démocrates, mais ils ont plutôt gagné deux sièges par rapport à l’élection de 2019, remportant 27,5 % des voix. (Photo : Martin Sylvest / Ritzau Scanpix / AFP) / Danemark OUT

DANEMARK - Une victoire obtenue à l’arraché. Au bout du suspense, le bloc de gauche mené par la Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen a remporté ce mardi 2 novembre une majorité d’un seul siège aux législatives au Danemark. La cheffe du gouvernement a maintenu sa main tendue vers le centre, notamment le parti de l’ancien Premier ministre Lars Løkke Rasmussen.

Au bout d’une longue nuit électorale indécise jusqu’au comptage des dernières voix, la coalition de cinq partis de gauche a obtenu 87 sièges, auxquels doivent s’ajouter deux sièges du Groenland et un des îles Féroé formant une majorité de 90 sièges.

Les sociaux-démocrates restent ainsi, de loin, le premier parti du pays. Ils ont remporté 50 mandats sur les 179 que compte le Folketing, augmentant de 1,6 point leur score de 2019 avec 27,5 % des voix. « Nous avons réalisé la meilleure élection en plus de vingt ans », s’est félicitée Mette Frederiksen devant ses partisans.

Le parti de Lars Løkke Rasmussen fait son entrée au Parlement

Avec 16 sièges, le parti centriste des Modérés de l’ancien Premier ministre Lars Løkke Rasmussen, qui espérait jouer un rôle décisif d’arbitre, fait son entrée au Parlement. Celui-ci s’est dit prêt à discuter d’une participation du gouvernement.

Quant à la coalition rassemblant la droite et l’extrême droite, elle réunit 72 sièges, plus un siège aux îles Féroé. L’extrême droite, divisée en trois partis, cumule 14,4 % des voix.

Le longtemps influent parti du Peuple danois (DF), qui caracolait au-dessus des 20 % il y a quelques années encore, chute autour de 2,6 %, son plus mauvais résultat depuis son entrée au Parlement en 1998. C’est un nouveau parti fondé par l’ancienne ministre de l’Immigration, Inger Støjberg, les Démocrates du Danemark, qui rafle la mise avec 8 % et 14 mandats.

Construire un gouvernement avec le centre et la droite

Une phase de longues tractations s’annonce maintenant. Mette Frederiksen a annoncé qu’elle présenterait mercredi sa démission à la reine qui devrait lui demander de former un nouveau gouvernement.

Contrairement aux trois dernières années, les sociaux-démocrates ne comptent plus former un gouvernement minoritaire. Ils multiplient les appels du pied aussi bien au sein de leur bloc qu’au centre et à droite.

« L’élection a montré qu’il n’y a plus de majorité derrière le gouvernement dans sa forme actuelle », a-t-elle dit. Les sociaux-démocrates étaient jusqu’ici seuls au gouvernement. Depuis le début de la campagne, Mette Frederiksen a multiplié les appels vers le centre et la droite pour construire un gouvernement au-delà des clivages traditionnels.

La « crise des visons »

Le scrutin anticipé avait été provoqué par la « crise des visons » . Un parti soutien du gouvernement minoritaire avait menacé de le faire tomber s’il ne convoquait pas des élections pour s’assurer de la confiance des électeurs après la décision, ensuite déclarée illégale, d’abattre l’immense cheptel de visons du pays pour lutter contre le coronavirus.

L’inflation au plus haut depuis 40 ans, les prix élevés de l’énergie et le système de santé avaient dominé la campagne. Dans un pays champion de la rigueur migratoire depuis plus de vingt ans, y compris au sein du parti social-démocrate de Mette Frederiksen, les questions migratoires n’ont été que peu évoquées.

Dans un pays où la participation est traditionnellement élevée, 84,1 % des quelque 4,2 millions d’électeurs se sont déplacés pour aller voter, une part en très léger recul.

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